Allemagne 1918-1942 : l’attaque de la dimension symbolique de la culture et la fabrique d’une langue meurtrière : comment les questions identitaires d’un peuple ont succombé à la psychopathologie d’un homme

par Nicole Blanc-Birry (Blanc)

Thèse de doctorat en Psychopathologie clinique

Sous la direction de Marie-Frédérique Bacqué.

Le président du jury était Mareike Wolf-Fédida.

Les rapporteurs étaient Jean-Pierre Faye, Freddy Raphaël.


  • Résumé

    Aux lendemains de la défaite allemande de 1918, Adolf Hitler, le caporal défait de la Première Guerre mondiale, psychiquement en guerre depuis de longues années, écoute attentivement ce qui, dans l'histoire du peuple allemand, sa langue et sa culture, maintient ses espoirs et ses craintes. Au XIXe siècle, le mythe 'völkisch' - l'idéologie du 'Volk' allemand- avait structuré l'identité des Allemands. La défaite allemande de 1918 sonnait la fin de ce mythe, laissant la jeune Allemagne auparavant si sûre de son destin exceptionnel, totalement humiliée. Dans cet 'Umwelt' déboussolée, Adolf Hitler, l'autodidacte de Braunau, aussitôt propulsé sur la scène politique bavaroise, glanait rancoeurs et inquiétudes sociales pour se constituer un discours. La langue qu'il était en train de fabriquer, bientôt fixée définitivement dans 'Mein Kampf', était une langue totalitaire et meurtrière. Totalitaire, en prétendant tout dire et répondre à toutes les inquiétudes d'une époque ; meurtrière par !'opérateur sémantique qui liait dans un même énoncé « Deutschland erwache » à sa haine antisémite «Juda verrecke ». Adolf Hitler fut l'homme d'une seule idée: une lutte mortelle entre Aryens et Juifs était engagée depuis des siècles. De l'issue de cette lutte dépendait le sort du peuple allemand. La victoire du peuple juif signerait l'anéantissement de la race aryenne et plus globalement du monde entier. Pour que le peuple allemand vive, il n'y avait d'autre solution que celle du 'Juda verrecke'. La langue qu'il avait fabriquée ne fut qu'un habillage de son délire paranoïaque, le moyen de propagande le plus puissant qui ait soutenu, pendant presque douze années, les illusions les plus mensongères. La néo-réalité nazie créait les conditions nécessaires pour qu'un peuple se tourne entièrement vers son mythe, renversant en terreur l'autre face qui n'était que ravissement. Face à la mystification du 'Deutsch/anderwache' doublée de l'entreprise meurtrière du 'Juda verrecke', la majorité du peuple allemand avait succombé.

  • Titre traduit

    Germany 1918-1942 : the attack of the symbolic dimension of the culture and the creation of a murderous language : how the identity questioning of a people failed from the psychopathology of one man


  • Résumé

    The days following the german defeat of 1918, Adolf Hitler, the defeated caporal from the First World War, psychologically at war for long many years, is carefully listening what, in the german people History, its language and its culture, holds his hopes and his fears together. During the 19th century, the ideology from the german « Volk », the« völkisch » myth, had structured the gerrnan identity.The gerrnan defeat of 1918 called this myth to an end, leaving this young Germany wich before was so sure about it special destiny, totally humiliated. In this totally lost « Umwelt », Adolf Hitler, Braunau's autodidact, was immediatly propelled on the bavarish politic scène, catching every resentment and social anxiety to build himself a speach. The language wich he was building, soon definitively fixed in « Mein Kampf », was a totalitarian and murderous language.Totalitarian, pretending to say everything, to answer to all periods of anxiety .Murderous, by the semantic operator wich bound in one speach « Deutschland erwache » to his antisemite hatred « Judverrecke ». Adolf Hitler was a one idea's man : a deadly fight between Aryans and Jews had been settled for centuries. From the result of this fight was depending the fate of the german people. The jewish victory would give the destruction of the aryan's race and most likely the destruction from the whole world.

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