L'héritage du soufisme dans la poétique arabe contemporaine

par Khedija Kchouk

Thèse de doctorat en Etudes arabes

Sous la direction de Éric Geoffroy.

Soutenue le 12-09-2012

à Strasbourg , dans le cadre de École doctorale Humanités (Strasbourg) , en partenariat avec Groupe d'études orientales, slaves et néohelléniques (Strasbourg) (équipe de recherche) .

Le président du jury était Laurence Denooz.

Le jury était composé de Julien Dufour.

Les rapporteurs étaient Jean-Yves L'Hôpital.


  • Résumé

    Dans son premier chapitre, cette étude présente la poétique chez les penseurs, poètes et critiques confondus, dans le patrimoine arabe traditionnel jusqu’au XIVe siècle en en faisant la synthèse. Son deuxième chapitre expose le soufisme dans ses grandes lignes et dans ce qui le distingue en tant qu’approche existentielle de l’ensemble de la vision islamique. Ces mêmes caractéristiques se reflètent dans le troisième chapitre à travers la production poétique de trois de ses plus célèbres représentants à savoir Râbia Al- Adawiyya (m. 725), Umar Ibn Al-Fâridh (m.1235) et Mohyî Al-Dîn Ibn Arabî (m.1240). L’analyse de leurs œuvres respectives démontre que Râbia dans sa quête de purification, Ibn Al-Fâridh dans sa recherche à propager sa foi soufie à travers sa Tâiyya Al-Kubrâ (La Grande Tâiyya), et   Ibn Arabî avec son dessein de réfuter tout écrit stable et rigide dans son recueil Turjumân Al-Achwâq (l’Interprète des désirs), ont eu trois approches différentes de la création poétique. Râbia l’utilise comme catharsis. Ibn Al-Fâridh, en s’adressant essentiellement à son lecteur, essaye de l’imprégner de sa propre foi soufie, alors qu’Ibn Arabî cherche à instaurer « un Texte » idéal.  Aussi conclut‑on   que ces poètes soufis ont eu trois approches différentes de la création poétique. L’analyse de leurs œuvres respectives démontre qu’« émetteur », « récepteur » et « message » sont les trois pôles d’intérêts de ces poètes. Dans le quatrième chapitre de cette étude, trois œuvres poétiques de trois poètes contemporains sont analysées afin de déceler les filigranes soufis de leurs poèmes. Il s’agit de « Al-Tûfân Al-Aswad » (Le déluge noir) de Muhammad Miftâh Al-Faytûrî (1936-…), d’Al-Kibrît wa Al-Asâbi (l’Allumette et les doigts) de Nizâr Qabbânî (1923-1998), et de Qaṣîdat Al-Takwîn (le poème de la genèse) d’Adonis (1930-…). Ainsi cette analyse prouve-t-elle l’influence du soufisme dans la pratique de la création poétique arabe. Quant au cinquième chapitre, il démontre cet héritage soufi dans les théories poétiques arabes contemporaines et son influence dans l’instauration de trois approches poétiques différentes constituant ce que l’on appellerait « l’école purificatrice », « l’école imprégnatrice » et « l’école de la réfutation» ; ces théories ne tenant nullement compte du corpus littéraire exposé dans le premier chapitre. Outre la traduction de Claudine Chonez de « la Grande Tâiyya », les poèmes analysés sont cités en annexe à la fin de cette étude avec une traduction personnelle, qui bien qu’elle ne prétende nullement refléter la profondeur et la beauté des poèmes arabes, ne désespère pas pour autant de la laisser entrevoir.

  • Titre traduit

    The legacy of Sufism in contemporary Arabic poetic


  • Résumé

    The first chapter in this study presents the poetic thinkers, poets and critics alike, in the traditional Arabic heritage until the fourteenth century by making a synthesis. The second chapter presents Sufism in outline and in what distinguishes it as an existential approach throughout the Islamic view. These same characteristics are reflected in the third chapter through the poetic production of three of its most famous representatives namely Rabia Al-Adawiyya (d. 725), Umar Ibn Al-Fâridh (d. 1235) and Mohyî Al -Dîn Ibn Arabi (d. 1240). The analysis shows that in their respective works, they also had three different approaches to poetic creation. Rabia with her quest for purification uses it as a catharsis, Ibn Al-Fâridh, with his quest to spread his Sufi faith through his Al-Tâiyya Kubrâ (The Great Tâiyya),tries to impregnate his own Sufi liver faith, and Ibn  Arabi, with his plan to refute any writing stable and rigid trough his collection of poems Turjumân Al-Achwaq  (the interpreter of desires), seeks to establish an ideal "Text ".Thus we can conclude that these Sufi poets had three different approaches to poetic creation. The analysis of their respective writings demonstrates that "issuer", "receiver" and "message" are the three core interests of these three Sufi poets. In the fourth chapter of this study, three poetic works of three contemporary poets are analyzed to detect the Sufi watermarks of these poems. It is Al-Tufan Al-Aswad (The Black Flood) of Muhammad Miftâh Al-Faytûrî (1936 - ...), Al-Kibrît wa Al-Asâbi (The Match and the Fingers) of Nizar Qabbâni (1923-1998), and Qasîdat Al-Takwîn The Poem of the Genesis of Adonis (1930 - ...). Their analysis proves the influence of Sufism in the practice of the creation of Arabic poetry. The fifth chapter demonstrates this Sufi legacy in poetic theories in contemporary Arab thought and its influence in the establishment of three different poetic approaches constituting the so-called " the Purifying School," " the Impregnator School" and "the Refutation School", these theories take no account of the literary corpus described in the first chapter. Besides the translation of Claudine Chonez of "Great Tâiyya," the poems are cited in Appendix at the end of the study with a personal translation, which, although it does not claim to reflect in any way the depth and beauty of Arabic poems, she does not despair for the many suggest.


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