Nuits d'encre : cycles de fictions nocturnes à l'époque romantique (Allemagne, Russie, France)

par Victoire Feuillebois

Thèse de doctorat en Littérature comparée

Sous la direction de Anne Faivre Dupaigre.

Le président du jury était Alain Montandon.

Le jury était composé de Anne Faivre Dupaigre, Evanghelia Stead, Laure Troubetzkoy, Serguei Zenkine.

Les rapporteurs étaient Alain Montandon, Georges Zaragoza.


  • Résumé

    La thèse isole un corpus particulièrement large dans l'Europe romantique, constitué de fictions à récit-cadre oral nocturne organisées en « veillées », « nuits » ou « soirées ». Ce constat bibliographique fait apparaître un paradoxe : la littérature de l'époque romantique rêve-t-elle encore de pratiques orales alors que s'inaugurent au même moment le fonctionnement moderne de l'ordre des livres et sa régulation par des techniques commerciales ? Comment conjuguer l'idée du sacre de l'écrivain et la nostalgie apparente pour le récit de vive voix ? Le cycle de fictions nocturnes semble d'abord une survivance ou une nostalgie des formes plurimillénaires de narration orale (Le Pantchatrantra, Les Mille et une nuits) : les auteurs ressusciteraient la technique du récit encadré pour mieux profiter de la vitalité associée à l'échange direct ainsi simulé dans ces textes. Pourtant, l'étude de ce corpus montre que la relecture romantique n'a rien d'un archaïsme. D'abord, le cycle nocturne est en réalité une forme intermédiaire entre la tradition littéraire et les modifications contemporaines du champ : parfaitement adaptées à la publication journalistique, les fictions nocturnes rétablissent néanmoins une forme d'aura auctoriale en instaurant une ambivalence orale qui suggère une présence directe du conteur. Les « nuits » permettent donc de tirer parti de la mercantilisation croissante du monde des lettres, tout en continuant à bénéficier du prestige des mages romantiques et autres poètes de la nuit...

  • Titre traduit

    Dark-Ink Nights : Cycles of nocturnal fictions in European romantic literature (Germany, Russia, France)


  • Résumé

    This dissertation isolates in European romantic literature a particularly broad corpus of fictions with an oral frame organized in "watches", "nights" or "evenings". This bibliographic presence underlines a paradox: why does romantic literature still dream of oral practices whereas at the same time are inaugurated the modern textualisation of literature and its regulation by commercial techniques? How to combine the idea of the sacre of the writer and the nostalgia for direct speech ? The cycle of night fictions seems initially a survival or a sign of nostalgia of the antique forms of oral narration (Panchatrantra, Thousand and One Nights) : the authors appear to resurrect the technique of the frame narrative to benefit from the vitality associated with the direct exchange simulated in these texts. However, the study of this corpus shows that this romantic intertextual reading has nothing to do with a taste for archaism. Initially, the nocturnal cycle is actually an intermediate form between the literary tradition and the contemporary modifications of the literary context : it is perfectly adapted to publication in the press, but nevertheless makes it possible to restore a form of auctorial aura auctoriale by establishing an oral ambivalence which suggests a direct presence of the storyteller. The "nights" thus allow the author to adapt to the increasing mercantilisation of the literary world, while continuing to profit from the prestige associated to the romantic magi and other « poets of the night »...

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