L' ère des cartes : cartographie, impérialisme et nationalisme en Grande-Bretagne et en France, 1870-1914

par Isabelle Avila

Thèse de doctorat en Etudes anglophones

Soutenue en 2012

à Paris 13 .


  • Résumé

    Comment une nation se sert-elle des cartes à une époque donnée ? Une plus grande attention devrait être accordée aux cartes en histoire afin de renouveler notre regard sur le passé. Dans cette perspective, ce travail analyse les liens entre la cartographie, l’impérialisme et le nationalisme en Grande-Bretagne et en France entre 1870 et 1914 grâce à trois approches différentes : l’une cartographique, l’autre comparative et la dernière panoramique (du fait de la variété des sources étudiées : revues de géographie, atlas, manuels scolaires et journaux). Cette histoire de la pensée cartographique indique, premièrement, que les géographes français et britanniques ont transformé leurs cartes en symboles scientifiques et politiques pour souligner l’utilité de la géographie à partir de 1870-71 pour la France et de 1884 pour la Grande-Bretagne. En second lieu, ils ont diffusé ces symboles et un nouveau mode de réflexion cartographique sur le monde à un public large, grâce à l’éducation et aux nouvelles techniques d’impression, dans le but de former des citoyens. Enfin, ils ont utilisé plus particulièrement les cartes des empires pour promouvoir le nationalisme. La nature comparative de l’étude révèle un processus d’imitation entre les deux nations dans les domaines de l’exploration, de l’impérialisme, de l’enseignement de la géographie et dans le contenu de leurs cartes. Elle indique aussi que l’utilisation des cartes est devenue cruciale entre 1870 et 1914 parce que les deux pays sont confrontés à une période de doutes liés à une dépression économique, aux rivalités internationales, à la ruée vers les colonies, à la guerre franco-prussienne et à la guerre des Boers.

  • Titre traduit

    The Age of Maps : Cartography, Imperialism and Nationalism in Great Britain and France, 1870-1914


  • Résumé

    How are maps used in a specific country at a given time? In this thesis, I argue that maps should be given greater prominence in historical analysis because they give us a fresh outlook on the past by informing us about representations of the world. To prove this point, I explore the links between cartography, imperialism and nationalism in Great Britain and France between 1870 and 1914. I provide an original view of the turn of the twentieth century by articulating three different approaches: a cartographic one, a comparative one and a panoramic one (due to the variety of the published materials analyzed from geographical journals to atlases, text-books and newspapers). From this history of cartographic thinking, three things emerge. First, British and French geographers converted maps into scientific and political symbols in order to underline the need to study geography from 1870-71 in France and from 1884 in Britain. Second, they disseminated these symbols and a new cartographic mode of thinking about the world to a wide audience thanks to new printing devices and the spread of education with the hope of forming citizens. Finally, they were able to use maps of empire more specifically to promote nationalism. My conclusion is two-fold. First, the comparative nature of the study reveals a process of imitation between the two nations in exploration, imperialism, geography teaching and the contents of their maps. Second, the use of maps became so important between 1870 and 1914 because the two countries faced periods of doubts linked to an economic depression, international rivalries, the scramble for colonies, the Franco-Prussian War and the Boer War.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (520-60 f.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 451-505

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Paris 13 (Villetaneuse, Seine-Saint-Denis). Bibliothèque universitaire.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TH 2012 044
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