Anomalies de croissance maxillo-faciale : facteurs de risque et accès au traitement

par Alice Germa

Thèse de doctorat en Epidémiologie

Sous la direction de Catherine Nabet.

Le président du jury était Laurence Meyer.

Le jury était composé de Catherine Nabet, Laurence Meyer, Michel Cot, Paul Tramini, Marysette Folliguet, Monique Kaminski.

Les rapporteurs étaient Michel Cot, Paul Tramini.


  • Résumé

    Les anomalies de croissance maxillo-faciale résultent de variations du processus normal de croissance. Après les caries, elles représentent les problèmes bucco-dentaires les plus fréquents chez les jeunes et peuvent entraîner des troubles fonctionnels (mastication, phonation, respiration), esthétiques et parfois psychologiques. Le traitement orthodontique vise à corriger les anomalies de croissance maxillo-faciale. L’objectif de cette thèse est de rechercher des facteurs de risque précoces d’anomalies de croissance maxillo-faciale et d’étudier le rôle des facteurs socio-économiques, culturels et géographiques de l’accès au traitement orthodontique en France. Les enfants de la cohorte EPIPAGE, qui avait inclus toutes les naissances survenues entre 22 et 32 semaines d’aménorrhée dans neuf régions françaises en 1997, ont été examinés à 5 ans. Nous avons étudié les relations entre les caractéristiques néonatales et la déformation du palais à 5 ans chez 1711 enfants. Le sexe masculin, le petit âge gestationnel, le petit poids pour l’âge gestationnel et peut-être l’intubation de longue durée sont identifiés comme des facteurs de risque de déformation du palais à 5 ans chez les grands prématurés ; de plus, les enfants avec des déficiences neuro-motrices semblent particulièrement à risque. La cohorte mère-enfant EDEN, a inclus des femmes enceintes en 2002-2003 et leur enfant à la naissance. Nous avons recherché les facteurs de risque précoces de l’occlusion postérieure inversée et de la béance antérieure chez 422 enfants de 3 ans. En plus d’une tétine encore utilisée à 3 ans et de la respiration buccale qui sont des facteurs connus, un nouveau facteur de risque d’occlusion postérieure inversée en denture temporaire est mis en évidence : la prématurité. Enfin, l’étude chez les 5988 enfants et les adolescents de l’enquête sur la santé et la consommation de soins en France réalisée par l’Insee en 2002-2003, enquête transversale sur échantillon représentatif de la population vivant en France, montre que 23% des 12-15 ans ont un traitement orthodontique. En plus du facteur économique, le moindre recours au traitement orthodontique est aussi lié à l’environnement social et culturel moins favorisé de l’enfant, à l’absence de couverture complémentaire et à l’habitation en zone rurale.En conclusion, pour mieux comprendre les inégalités dans le traitement orthodontique, il faudrait en évaluer les besoins en amont. Nous avons étudié des facteurs liés à la présence d’anomalies de croissance maxillo-faciale à des âges très jeunes afin de pouvoir identifier tôt des enfants à risque de ces anomalies. Il est nécessaire de vérifier leur évolution pour savoir si elles sont de réels marqueurs précoces de besoin en traitement orthodontique.

  • Titre traduit

    Maxillofacial growth anomalies : risk factors and access to treatment


  • Résumé

    Malocclusions are due to variations of normal process of growth. Besides caries, they are the most common oral problems encountered by children and teenagers. They may lead to oral dysfunction (in chewing, speaking and breathing), esthetic and sometimes psychological issues. Orthodontic treatment aims at correcting malocclusions.The purpose of this thesis is to investigate early risk factors for malocclusions and to analyze the role of socioeconomic, cultural and geographic factors in access to orthodontic treatment in France. In the EPIPAGE cohort study, which included all live births between 22 and 32 weeks of gestation in 9 French regions in 1997, 1711 children were examined at 5 years. We explored the relations between neonatal characteristics and alteration of palatal morphology at 5 years. Male sex, low gestational age, small for gestational age and maybe intubation of long duration were identified as risk factors for alteration of palatal morphology et 5 years in very preterm children; children with neuromotor deficiencies seem particularly at risk. The mother-child EDEN cohort included pregnant women in 2002-2003 and their child at birth. We investigated early risk factors for posterior crossbite and anterior open bite in 422 3-year-old children. In addition to ongoing pacifier sucking habit at 3 years and mouth breathing, which are well-known risk factors, prematurity appears to be a new risk factor for posterior crossbite in temporary dentition. Finally, the French survey on health and care consumption, carried out in 2002-2003 in a representative sample of 5988 children and teenagers, shows that 23% of the 12-15 years old have an orthodontic treatment. Besides the economic factor, the less orthodontic treatment uptake is related to a less privileged social environment, to the absence of supplementary insurance and to living in a rural area.In conclusion, to understand inequalities in orthodontic treatment better, orthodontic treatment need should be evaluated first. We investigated factors related to malocclusions at very young ages, which could help to early identify children at risk. The assessment of how these early malocclusions would evolve is therefore needed in order to control if those malocclusions are indeed early markers for orthodontic treatment need.


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