Esthétique phénoménologique de l’intensité

par Céline Aubertin

Thèse de doctorat en Philosophie (métaphysique, épistémologie, esthétique)

Sous la direction de Maryvonne Saison.

Soutenue le 10-12-2012

à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Lettres, langues, spectacles (Nanterre) .

Le président du jury était Christian Tarting.

Le jury était composé de Maryvonne Saison, Christian Tarting, Bernard Lafargue, Éliane Escoubas.

Les rapporteurs étaient Christian Tarting, Bernard Lafargue.


  • Résumé

    Du point de vue de l'expérience, l'intensité désigne ordinairement une force ou une puissance entendue dans leur acception purement sensorielle ou sensitive, comme ce qui peut amener les sens à leurs limites. Or, certaines œuvres d'art nous font parfois faire des expériences intenses et fortes, sans cependant en appeller systématiquement à nos sens, sans proposer aucun objet à voir ou à sentir, voire même en se présentant simplement en une expérience de pensée. C'est ce paradoxe qui nous a amenés à nous interroger sur l'imperceptible, désignant par là le caractère à la fois insensible et intense de l'expérience esthétique. Notre esthétique de l'intensité se fonde sur une interprétation phénoménologique de cette dernière en la définissant comme expérience « charnelle », au sens du dernier Merleau-Ponty, c'est-à-dire comme ce qui fait toucher au seul sens d'être, à l'il y a. L'intense prend alors une dimension ontologique en tant qu'il incarne la puissance interne de différenciation du sensible comme source de tension, de variations et de différences. Nous partons des œuvres de V. Woolf et de Cl. Royet-Journoud, pour explorer l'écriture comme lieu d'expérience du sens naissant ; puis nous interrogeons la dimension intense des expériences quasi-imperceptibles à l'œuvre dans les arts plastiques et visuels, chez M. Duchamp, B. Nauman, D. Graham, M. Abramovic ou R. Smithson. Nous montrons ensuite, à travers les philosophies de Merleau-Ponty, Deleuze et Jean-Luc Nancy, que la pensée peut constituer en elle-même une expérience intense, en élucidant simultanément l'idée même d'intensité.

  • Titre traduit

    A phenomenological esthetics of intensity


  • Résumé

    From the point of view of experience, intensity generally designates a certain force or power that we understand in a purely sensorial or sensory fashion, as something that can takes our senses to their limits. Yet certain works of art offer us experiences that are intense and powerful without systematically calling upon our senses, without offering any particular object to be seen, or sensed. Sometimes, they are just presented as a an experience of thinking. It is this paradox that has prodded us into exploring the imperceptible. In this particular instance, that means the character of our esthetic experience that is both “in-sensitive” and intense. Our esthetics of intensity is founded on a phenomenological interpretation of the latter, defining it as a “carnal” experience, such as the later-period Merleau-Ponty envisaged it, implying that which touches the unique sense of being, the “there is”. The “intense” then takes on an ontological dimension, in so far as it embodies the internal force of differentiation of the “sensitive” as a source of tension, of variations and of differences. We shall begin our interrogation with the works of Virginia Woolf and Claude Royet-Journoud, in order to explore writing as a locus for experiencing newly-born senses. Then, we shall question the intense dimension of quasi-imperceptible experiences that are at work in the visual and the fine arts, looking at M. Duchamp, B. Nauman, M. Abramovic or R. Smithson. Finally, we shall demonstrate, through the philosophy of Merleau-Ponty, G. Deleuze and Jean-Luc Nancy, that thought in itself, can constitute an intense experience, by simultaneously elucidating the idea of intensity itself.

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