Les interdits de la représentation dans les œuvres de Paul Auster et de Jérome Rothenberg

par François Hugonnier

Thèse de doctorat en Littérature américaine

Sous la direction de Hélène Aji.

Soutenue le 17-11-2012

à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Lettres, langues, spectacles (Nanterre) .

Le président du jury était Antoine Cazé.

Le jury était composé de Hélène Aji, Antoine Cazé, Nathalie Cochoy, Brigitte Félix, Marie-Claude Perrin-Chenour.

Les rapporteurs étaient Nathalie Cochoy, Brigitte Félix.


  • Résumé

    Les événements d’Auschwitz, d’Hiroshima et du 11 septembre 2001 ravivent un questionnement ancien sur le pouvoir du langage, ainsi que sur la responsabilité et les modes du témoignage. Tenter de dépasser les interdits de la représentation dans ce contexte historique relève d’un acte de résistance envers tous les préceptes linguistiques, éthiques, épistémologiques ou politiques. Écrivains juifs-américains séculiers et polymorphes, Paul Auster et Jerome Rothenberg redéfinissent le réel grâce à l’imagination, à la mutation du medium et au dérèglement des sens dans leurs textes défigurés. S’inscrivant dans la rupture d’après 1945, ils recherchent une voie détournée, un langage premier et organique dépassant l’inadéquation du signe et l’impulsion iconoclaste. S’inspirant d’un héritage juif diasporique et mystique, des avant-gardes européennes et américaines, du transcendantalisme, du rituel archaïque ou encore du poststructuralisme, ils contribuent au renversement des images mythiques issues de la spéculation sémiotique. Le trauma ne peut être dit, mais se crie, la présence s’écrit dans la répétition et dans la rencontre de l’infini, le cœur de l’œuvre se dévoile dans l’excentration et l’excentricité de la lettre pétrifiée. Dire l’indicible, c’est se taire et écouter la mort qui sommeille dans l’ombre du verbe, dans le silence d’une musique naissante ; c’est rêver éveillé, se remémorer les pulsions et les cauchemars enfouis ; c’est accueillir une non-langue conjuguée à contretemps dans une grammaire du désastre. Traduire une parole qui ne dit rien et qui ne peut être comprise, telle est la contradiction qui informe ces écrits en souffrance.

  • Titre traduit

    The taboos and restrictions of representation in Paul Auster and Jérome Rothenberg’s works


  • Résumé

    Auschwitz, Hiroshima and September 11, 2001 revive the ancient issues of the power of language and of the responsibility and modes of testimony. Trying to overcome the taboos and restrictions of representation in this historical context is a matter of resistance against all linguistic, ethical, epistemological and political precepts. Paul Auster and Jerome Rothenberg are multi-faceted secular Jewish-American writers who redefine the real thanks to the imagination, thanks to medium mutation and the derangement of the senses in their disfigured texts. Coming within the scope of the post-1945 breakdown, they seek a roundabout means, a primal and organic language overcoming the discrepancy of signs and the iconoclast impulse. Drawing from a diasporic and mystical Jewish heritage, from the European and American avant-gardes, from transcendentalism, from archaic ritual and postructuralism, they contribute to bringing down the mythical images shaped by semiotic speculation. Trauma cannot be said, but the wound is voiced in a scream. Presence writes itself in the repetition and the discovery of infinity. Depth is unveiled by a whirligig of nameless sticks and stones. Speaking the unspeakable means keeping quiet and listening to the death that sleeps in the shadow of the word, in the silence of a new song. It means daydreaming, recollecting repressed drives and nightmares; cradling a no-tongue conjugated in a grammar of the disaster. Translating a word that says nothing, that cannot be understood, such is the contradiction which informs these pending works of pain.


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