Deux poètes lecteurs de Proust : mémoire et relation au tu dans l’œuvre lyrique d’Eugenio Montale et de Pedro Salinas

par Ilena Antici

Thèse de doctorat en Littératures et civilisations comparées

Sous la direction de Karen Haddad-Wotling et de Simona Costa.

Le président du jury était Vincent Ferré.

Le jury était composé de Karen Haddad-Wotling, Simona Costa, Vincent Ferré, Ugo Fracassa.

Les rapporteurs étaient Vincent Ferré, Ugo Fracassa.


  • Résumé

    Cette thèse prend la forme d’une pyramide renversée : à la base, qui est en réalité la surface, il faut imaginer les deux poètes du XXe siècle, alors qu’à la pointe extrême se situerait Proust, point d’émanation d’une certaine énergie intellectuelle qui se diffuse dans toute la modernité. Pedro Salinas et Eugenio Montale ont lu À la recherche du temps perdu dans l’Europe du premier proustisme (1920-1930). Les poétiques du poète italien et du poète espagnol s’inscrivent dans une même recherche du secret invisible, de l’essence du monde. Le parallélisme, inédit et intertextuel, entre leurs poèmes et le roman proustien met en valeur des aspects essentiels de leur lyrisme : une mémoire intermittente, oublieuse et épiphanique, enveloppant le parcours amoureux du sujet lyrique moderne. Les recueils « La voz a ti debida » (1933) de Salinas et « Le occasioni » (1939) de Montale, en particulier, sont deux véritables canzonieri d’amour construits autour de la phénoménologie du souvenir et de l’ « adresse tutoyante ». Les poétiques de Montale et de Salinas convergent d’autant plus vers la présence-absence d’un destinataire féminin, qu’ils s’écartent du chemin du Narrateur proustien. La comparaison entre prose et poésie fait émerger l’adresse au tu comme élément nouveau qui, n’existant pas dans le roman de Proust, constitue en poésie une alternative au « solipsisme proustien ». La relation exclusive du je lyrique avec un tu lyrique l’amène à partager l’intime, à sauvegarder la mémoire et à continuer l’amour contre tout oubli.

  • Titre traduit

    Two poets reading Proust : memory and relationship in the lyrical poetry of Eugenio Montale and Pedro Salinas


  • Résumé

    This thesis has the form of an upside down pyramid: at the base, which is on top, we put two lyrical 20th century poets. At the tip of the pyramid is Proust, from who emanates an intellectual energy that spreads all over modern thought. Pedro Salinas and Eugenio Montale read “In Search of Lost Time” during the first period of European proustism (1920-30). Just as Proust, they shared the same search for the invisible secret, for the world’s essence. Comparing their poems between them and with Proust’s novel reveals key-aspects of their lyricism. In their poetry, like in Proust’s novel, memory is intermittent, alternating between oblivion and epiphanic moments that are essentially part of the experience of love. “La voz a ti debida” (1933) by Salinas and “Le occasioni” (1939) by Montale are based on a phenomenology of memory and love address. When Montale’s and Salinas’s poetics converge on the importance of dialogue with female figure, they move away from the Proustian narrator’s trajectory. The comparison between prose and poetry demonstrates that the lyrical relationship with “you” (an element which was absent in Proust's novel) has a direct impact on the writing form. Dialogical form of lyricism appears an alternative to the “Proustian solipsism”. The lyrical subject of Salinas and Montale can share with his beloved “tu” (you) his memory and preserve love from oblivion.

  • Titre traduit

    Due poeti lettori di Proust : memoria e relazione al « tu » nella poesia di Eugenio Montale e Pedro Salinas


  • Résumé

    Questa tesi ha la forma di una piramide rovesciata: alla base, che è in realtà la superficie, sisituano due poeti del XX secolo, la punta estrema è invece Proust, punto d’emanazione d’una certa energia intellettuale che si diffonde in tutta la modernità. Pedro Salinas e Eugenio Montale hanno letto Alla ricerca del tempo perduto immerse nel primo proustismo europeo (1920-1930). Le poetiche del poeta italiano e del poeta spagnolo convergono verso una ricerca simile del segreto invisibile, dell’essenza del mondo. Il parallelismo, inedito e intertestuale, tra le loro opere e il romanzo di Proust mette in luce alcuni aspetti fondamentali della loro poesia lirica: memoria intermittente, oblio e momenti epifanici costituiscono il perno del loro discorso soggettivo e amoroso. Le raccolte “La Voz un debida ti” (1933) di Salinas e “Le occasioni” (1939) di Montale, in particolare, sono due “canzonieri” moderni costruiti intorno alla fenomenologia della memoria e al dialogo con il tu amato. Le poetiche di Montale e di Salinas convergono verso la presenza-assenza costante di un tu femminile nel momento stesso in cui più si allontanano dal percorso del Narratore proustiano. Il confronto tra poesia e prosa lascia emergere il dialogo con il “tu lirico” come un elemento nuovo, inesistente nel romanzo di Proust, che diventa in poesia un’alternativa al “solipsismo proustiano”. La relazione esclusiva tra io e tu lirico porta il soggetto lirico alla condivisione dell’intima ricerca, per custodire la memoria e continuare l’amore contro le forme dell’oblio.

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