La sexualité en prison de femmes

par Myriam Joël (Joël-Lauf)

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Philippe Combessie.

Soutenue le 12-11-2012

à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Economie, organisations, société (Nanterre) , en partenariat avec Sophiapol EA 3932 laboratoire (laboratoire) .


  • Résumé

    La question de la sexualité en prison de femmes constitue en France un vide sociologique. Elle n’a été jusqu’à présent abordée qu’en creux de l’intérêt porté à la sexualité dans les détentions masculines. L’étude se fonde sur une enquête qualitative menée dans sept établissements pénitentiaires, où ont été réalisés des entretiens avec plus de cent cinquante acteurs carcéraux, détenues comme professionnels et bénévoles. Ce travail de terrain a permis de mettre en évidence quatre formes sous lesquelles se donne à voir la sexualité en prison de femmes. Chacune se caractérise par la mise en œuvre de processus spécifiques, qui traduisent la prégnance respective des dimensions spatiale, temporelle, individuelle, collective, relationnelle et institutionnelle dans les situations à caractère sexuel auxquelles elle renvoie. La sexualité clandestine implique des processus de transgression, les acteurs étant contraints de vivre leurs pratiques sexuelles dans les interstices de l’arsenal coercitif déployé pour les endiguer. Particulièrement discrète elle aussi, la sexualité invisible met cette fois en jeu des processus d’invisibilisation, qui se perçoivent au travers de l’effort conjoint des acteurs de confiner l’activité sexuelle dans la sphère privée. La sexualité ostensible en revanche se donne à voir ouvertement au moyen de processus d’affichage, les comportements délibérés étant néanmoins régulés par certaines règles informelles. S’observe enfin une forme rationalisée de sexualité, caractérisée par la dilution de la dimension sexuelle de certaines situations dans des processus abstraits visant à la rationaliser.

  • Titre traduit

    Sexuality in women’s prison


  • Résumé

    The purpose of sexuality in women prison is a sociological emptiness in France, since it has been approached only in comparison with the situation in men custody. The study relies on a qualitative survey, led in seven prisons where I carried out interviews with one hundred and fifty inmates, members of staff and volunteers. This survey enabled to bring out four forms of sexuality in which sexuality in women’s prison can be observed. Each of them is characterized by specific processes, which show respective salience of spatial, temporal, individual, collective, relational and institutional dimensions in sexual situations. The underground sexuality involves processes of transgression since actors are forced to experience their sexual practices in the coercive arsenal’s interstices developed to stem them. Especially discrete too, the invisible sexuality implies processes of invisibilisation that can be perceived throughout prison actors’ conjunct efforts to confine sexual activity in the private sphere. On the other hand, the ostensible sexuality can be overtly watched thanks to processes of display, even if deliberate behaviors are regulated by some informal rules. At last we can notice a rationalized sexuality, which is characterized by the dilution of particular situations’ sexual dimension in abstract processes which tend to rationalize it.


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