Education, apprentissage et connaissance : la formation des idées pédagogiques

par Emmanuel Brassat

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Jean-Michel Salanskis.

Le président du jury était Annick Weil-Barais.

Le jury était composé de Jean-Michel Salanskis, Annick Weil-Barais, Laurence Loeffel, Blaise Bachofen, Bertrand Ogilvie.

Les rapporteurs étaient Laurence Loeffel, Annick Weil-Barais.


  • Résumé

    Depuis les débuts des sciences humaines à la fin du dix-huitième siècle, la pédagogie et la psychologie scientifiques se sont constituées conjointement autour des questions du développement et de l’activité d’apprentissage chez l’enfant. Les notions d’activité, de développement et d’apprentissage ont permis d’établir l’hypothèse empiriste d’une psychogenèse des facultés mentales dont l’enfance attesterait naturellement à travers ses âges successifs. Les mouvements d’éducation nouvelle, issus des thèses philosophiques et pédagogiques exprimées par Rousseau dans l’Emile en 1762, ont pu donner sa dimension pratique à l’idéal d’une éducation négative fondée sur l’activité de l’enfant comme expression spontanée de ses forces vitales et spirituelles. Dans l’entrecroisement d’une métaphysique de l’activité, d’une conception libérale humaniste de l’éducation, d’une rationalité émancipatrice et de perspectives pédagogiques psychophysiologiques, peu à peu marquées par l’évolutionnisme et l’utilitarisme, sont nés les principaux paradigmes des pédagogies contemporaines : sensualistes, vitalistes, pragmatiques, fonctionnalistes, puis constructivistes. Dans cette recherche, nous avons analysé de façon archéologique et généalogique, à l’instar de M. Foucault, les dispositifs philosophiques et épistémologiques convergents et opposés qui ont permis leur constitution. Il apparaît que Rousseau a non seulement écrit le programme de leur déploiement mais encore anticipé des contradictions que celui-ci allait rencontrer durant la crise institutionnelle ultérieure de la modernité.

  • Titre traduit

    Education, Learning and Knowledge : formation of the educational ideas


  • Résumé

    Since the beginning of human sciences at the end of the eighteenth century, scientific pedagogy and psychology were founded conjointly around questions of the development and learning activity in childhood. The ideas of activity, development and learning have allowed to establish the empiricist hypothesis of a psychogenesis of mental faculties that would be proven naturally by the successive phases of childhood. The movements of New Education, stemming from the philosophical and pedagogical theses expounded in Rousseau’s Emile in 1762 have provided the ideal of a negative education founded on the activity of the child as spontaneous expression of his vital and spiritual forces with its practical dimension. It is in the intertwinent of a metaphysics of activity, a liberal and humanist conception of education, an emancipatory rationality, and pedagogical psycho-physiological perpectives marked increasingly by evolutionism and utilitarianism, that the principal paradigms of contemporary pedagogies were born : sensualist, vitalist, pragmatic, functionalist, and finaly constructivist. In the vein of M. Foucault this thesis proposes an archeological and genealogical analysis of the philosophical and epistemological apparatus or ”dispositives” that, converging and diverging, made the formation of these pedagogies possible. It seems that Rousseau did not only write the program of their deployment, but also anticipated the contradictions that the latter would encounter during the subsequent institutional crisis of modernity.


Il est disponible au sein de la bibliothèque de l'établissement de soutenance.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Service commun de la documentation. Bibliothèque virtuelle.
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.