La grève générale comme problème philosophique : Walter Benjamin et Georges Sorel

par Carlos Perez Lopez

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Stéphane Douailler.

Soutenue en 2012

à Paris 8 .


  • Résumé

    Dans le croisement des pensées politiques entre Walter Benjamin (« Critique de la violence », 1921) et Georges Sorel (« Réflexions sur la violence », 1908), la grève générale se montre sous le signe de l’entente pour mener une critique de la politique. Cependant, un usage tout à fait divergent d’une même catégorie pour critiquer la violence –la notion de mythe – obscurcit le rapport des deux penseurs. Il a fallu mettre à jour l’idée de mythe chez Sorel, ainsi que l’histoire de la grève générale au XIXe siècle, pour saisir la place de cet enjeu chez le philosophe allemand. En nous rapportant aux écrits de Benjamin, nous découvrons que la référence à la grève chez Sorel fait partie d’une projection de sa pensée politique insérée dans une transformation substantielle du système philosophique kantien. Ainsi démarquée, la démarche révolutionnaire de la grève générale révèle chez Benjamin trois transformations de cette philosophie : une éthique de la lutte des classes, une critique des dogmes politiques et une nouvelle temporalité de l’histoire. La référence à ce phénomène social excède alors la simple empathie politique entre Benjamin et Sorel. La grève générale révèle alors d'autant mieux la trace historique, chez les deux penseurs, d’une expérience à la fois politique et métaphysique.


  • Résumé

    At the crossroad of Walter Benjamin’s (“Critique of Violence”, 1921) and Georges Sorel’s (“Reflections on Violence”, 1908) political reflections, the general strike represents a mutual understanding of how to undertake a critique of violence. However, the diverging use of one concept employed for criticizing violence – that of myth – blurs the relation between the two thinkers. In order to correctly assess what is at stake in Benjamin’s concepts of myth and strike, it is necessary to investigate Sorel’s idea of myth and the history of the general strike in the 19th Century. Exploring the texts of Benjamin, we discover that his reference to Sorel forms part of a projection of Benjamin’s political thought, placed in the context of a substantial transformation of Kant’s philosophical system. From this perspective, the revolutionary process of the general strike reveals three transformations of Kant’s philosophy: an ethics of the class struggle, a critique of political dogmas and a new temporality of history. The reference to the general strike exceeds, therefore, a simple political empathy between Benjamin and Sorel. The social phenomenon of the general strike reveals nothing less than the historical trace, in both thinkers, of an experience both political and metaphysical.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (360 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 347-360

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  • Bibliothèque : Université Paris 8-Vincennes Saint-Denis (Sciences humaines et sociales-Arts-Lettres-Droit). Service Commun de la Documentation. (Saint-Denis) .
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TH 3624
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