La culture de paix face au populisme en Afrique

par Nestor Bidadanure

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Patrice Vermeren.

Le président du jury était Jean-René Garcia.

Le jury était composé de Stéphane Douailler, Vitrice Yekpe.

Les rapporteurs étaient Renée Fregosi.


  • Résumé

    Notre thèse montre que, contrairement à l’idée bien répandue dans les médias et dans de nombreux discours politiques, la crise africaine n’est pas ethnique mais bien politique. Dans les Grands Lacs, objet central de notre étude, il n’y a pas d’ethnies au sens classique du terme car les composantes hutu et tutsi partagent la même langue, la même culture et vivent entremêlées sur un même territoire. Nous rappelons aussi que quand bien même il y aurait une différence identitaire entre ces composantes des nations rwandaises et burundaises, cela n’impliquerait pas pour autant un antagonisme entre ces deux entités ; il n’y a pas de corrélation entre la différence ethnique et le conflit à caractère ethnique. Nous montrons que la crise dans les Grands Lacs, dont le sommet fut le génocide contre les tutsi et le massacre des hutu opposés au pouvoir extrémiste, s’enracine dans le fait politique. Pour comprendre l’origine d’une vision animalisante de l’autre qu’a imposé le pouvoir colonial belge aux élites colonisées, nous revisitons le contexte idéologique de son émergence au 18ème et 19ème siècle. Nous analysons le phénomène de l’aliénation que constitue l’intériorisation par les élites postcoloniales de l’idéologie coloniale ainsi que les processus de sa reproduction radicale dans la période postcoloniale. Nous interrogeons la capacité du concept de culture de paix tel qu’il fut pensé par l’Unesco et les Nations Unis à servir d’antithèse à ce que nous appelons le populisme identitaire radical dans les Grands Lacs. Nous montrons que le concept de Culture de paix doit s’enrichir de la philosophie de l’altérité africaine « Ubuntu » pour mieux servir de contre-culture au populisme identitaire radical. Nous montrons également qu’une culture de paix ne peut être un fait dominant de la conscience des individus sans être porté par les acteurs politiques, que la possibilité de rendre hégémonique une culture de paix est inséparable de l’acte de résistance politique.

  • Titre traduit

    Promoting peace culture against populism in Africa


  • Résumé

    Against the widespread idea defended by a number of journalists and political analysts, this PhD thesis shows that the African crisis is political and not ethnical. In the Great Lakes Region, my object of research, we cannot refer to the populations as “ethnies” as such. Indeed, Hutus and Tutsis share a common language, culture and territory. But more than that, this thesis argues that even if Hutus and Tutsis represented different identities, it would not straightforwardly imply the ineluctability of confrontation. Diversity among peoples ought not signify antagonism; ethnic differences should not be correlated with ethnic conflicts. I argue that the process that led to the 1994 genocide in Rwanda is rooted in politics and not in non-existing ethnic differences. In order to understand the origin of the ideology that allowed for the animalization of the “other”, I come back to the theories that were transmitted by the Belgium colonialists to the post-colonial elite through the educational system. To this purpose, I go back to the 18th and 19th centuries and highlight the way African peoples were perceived by the main thinkers of the time. I analyze the mechanisms that led to the acceptation and reproduction of the colonial ideology by the post-colonial elites. I then question the capacity of the concept of Culture of Peace, as defined by the UNESCO and the UN, to play a role against what I call the radical identity populism of the Great Lakes region. I argue that the concept of Culture of Peace should be underpinned by the African philosophy of Ubuntu in order to demystify the arguments of radical identity populism more efficiently. This thesis concludes by defending the idea that the concept of Culture of Peace can only become hegemonic if it is both supported by the various political forces and tied to the culture of resistance.

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  • Détails : 1 vol. (299 f.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 290-299

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  • Cote : TH 3591
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