Géopolitique et mécanismes de raréfaction des ressources combustibles et minière

par Augustin Roch

Thèse de doctorat en Science politique

Sous la direction de Pascal Boniface.

Soutenue en 2012

à Paris 8 .


  • Résumé

    Alors qu’historiquement, la sécurisation des ressources portait sur celles combustibles*, uniquement portée par le secteur de l’énergie, un changement de paradigme fait apparaître des mécanismes de raréfaction sur d’autres ressources minières. Cela met en exergue des repositionnements, de nouveaux enjeux de richesse et de puissance. Cette thèse analyse ces nouveaux risques et opportunités pour les Etats et industriels consommateurs : elle démontre une nécessaire approche globale et pluridisciplinaire, y compris dans les problématiques énergétiques. En effet, il est nécessaire de comprendre un système à plusieurs échiquiers (étatique, financier et concurrentiel) dans lesquels évoluent des acteurs variés, de plus en plus réactifs et intersectoriels (dépassant le secteur énergie). Leurs dynamiques et interdépendances s’avèrent complexes et non-linéaires. Néanmoins, les stratégies et modes opératoires des nombreux acteurs, aux capacités asymétriques, sont moins binaires et antagoniques qu’il n’y paraît puisque les schémas ne se réduisent pas à une opposition entre consommateurs et possesseurs, entre Etats et entreprises… D’un point de vue étatique, la raréfaction des ressources n’est plus seulement une problématique géopolitique – le contrôle de la ressource (production et transit) sur un territoire – mais aussi un enjeu géoéconomique : la vitalité des politiques industrielles des différents Etats en dépend. Parallèlement, la financiarisation mondiale des marchés financier et physique des ressources favorise des acteurs financiers, focalisés sur la diversification et la valorisation de leurs avoirs. Or, cette nouvelle donne réinterroge la stabilité et la sécurité des opérateurs miniers et des industriels consommateurs en dépendant. Par exemple, pour le secteur énergie, la sécurisation des approvisionnements concerne aujourd’hui le lithium, l’indium, les terres rares… Pour finir, le modèle organisationnel du secteur primaire s’est souvent configuré en oligopoles, sur une ressource donnée. Ainsi, ils contrôlent l’accès et le transit afin de renforcer leur rôle de price maker et d’accaparer la rente générée : les conditions géopolitiques sont déterminantes. Les Etats et industriels consommateurs, conscients de leur dépendance, doivent corriger la fragilité de leurs modèles, dans une approche intersectorielle et mondiale : quelques préconisations sont suggérées en fin de thèse. Ces propositions opérationnelles tentent de mettre en place des dispositifs novateurs afin de maîtriser les coûts et les risques associés à ces mécanismes de raréfaction. Notamment, elles suggèrent de renforcer les liens entre secteurs industriels nationaux et les stratèges de l’Etat. Afin que ces dispositifs soient efficaces, il faut dépasser l’approche sectorielle, en particulier pour les systèmes énergétiques.

  • Titre traduit

    Geopolitics and depletion mechanisms of fossil fuels and minerals


  • Résumé

    Historically, securing resources focused on those fuels*, only carried by the energy sector. Currently, a paradigm shift reveals mechanisms of depletion of other resources, more particularly minerals. This highlights repositioning, new issues of wealth and power. This thesis analyzes these new risks and opportunities for states and industrials consumers: it demonstrates a necessary global and multidisciplinary approach, in energy issues too. Indeed, we must understand a system with multiple chessboards (state, financial and competitive) in which various actors evolve, increasingly reactive and cross sectors (beyond the energy sector). Their dynamics and interdependencies are complex and nonlinear. However, strategies and tactics of various actors, with asymmetric capabilities, are less binary antagonistic than it seems because relations are not reduced to an opposition between consumers and owners, between states and companies. . . From a state perspective, depletion is not only a geopolitical issue, i. E. Control of the resource (production and transit) in a territory, but also a geo-economic challenge: industrial policies’ vitality of various states depends on it. At the same time, the financialization of financial and physical resources markets favours financial actors, focused on diversification and rise of their financial assets. However, this re-examines stability and safety of mining operators and industrial consumers. For example, for the energy sector, security of supplies today concerns lithium, indium, rare earths. . . Finally, the organizational model of primary sector has often characterized by oligopolies, about a given resource. Thus, they control access and transit in order to strengthen their role of price maker and grabbing rent generated: geopolitical determinants are decisive. States and industrials consumers, aware of their dependence, must correct the fragility of their models in a cross-sectoral and global way: some recommendations are suggested in the end of thesis. These operational proposals seek to develop innovative mechanisms to control costs and risks associated with these depletion mechanisms. They suggest particularly to strengthen links between industrial sectors and state policymakers. For the effectiveness of these devices, we must go beyond sectoral approach, especially for energy systems.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (314 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 285-299

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  • Bibliothèque : Université Paris 8-Vincennes Saint-Denis (Sciences humaines et sociales-Arts-Lettres-Droit). Service Commun de la Documentation. (Saint-Denis) .
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  • Cote : TH 3484
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