Produire du pétrole en zone de conflit : cas de l'Afrique médiane

par Benjamin Augé

Thèse de doctorat en Géopolitique

Sous la direction de Béatrice Giblin-Delvallet.

Soutenue en 2012

à Paris 8 .


  • Résumé

    L’exploration pétrolière sur le continent africain évolue très rapidement depuis la hausse des cours du brut au début des années 2000. On compte désormais une quarantaine d’Etats africains en exploration. Plus aucun obstacle n’arrête les sociétés venues mettre à jour les réserves indispensables à une demande mondiale croissante. En Afrique, les majors occidentales sont rejointes par des compagnies d’Asie, de Russie, du Brésil. Seulement, sur un continent où les conflits sont légion, l’arrivée du pétrole se superpose parfois à des situations déjà instables. Cette thèse se donne comme objectif d’expliquer ce phénomène d’une exploration/exploitation pétrolière exacerbant les tensions préexistantes. Si des exemples de pays pétroliers sont pris sur tout le continent, la focale est mise sur l’Afrique médiane, vaste région alliant l’Afrique des Grands Lacs et l’Afrique de l’Est. Cette région a été marquée dans les années 1990 par deux guerres en République démocratique du Congo. Plusieurs coalitions se sont combattues sur le territoire d’un pays dont les ressources minières sont pillées par les Etats voisins et des milices locales au détriment de l’Etat. L’exploration pétrolière, dans les zones frontalières à l’est du Congo, conduit à de nouveaux litiges avec les belligérants d’hier (Rwanda et Ouganda). Quant au pillage du brut par l’Angola à l’embouchure du fleuve Congo, c’est la rançon du maintien de la famille Kabila au pouvoir. La division du Soudan, en deux Etats en 2011 crée un dangereux précédent : les frontières du 19ème siècle en Afrique ne sont plus intangibles. Or, le rôle du pétrole dans ce processus est loin d’être secondaire.

  • Titre traduit

    Producing oil in conflicts zones : case of central-east Africa


  • Résumé

    Oil exploration has been changing at break-neck speed since the oil price began to spike around the year 2000. Exploration is now taking place in around 40 countries on the continent. No barriers or difficulties whatsoever stand in the way of companies turning up to search for new reserves, a key raw material to fuel the continuous growth of the global economy. In Africa, western majors are joined by companies from Asia, Russia and Brazil. But on a continent where conflicts are widespread, oil extraction can superimpose itself on unstable situations. This doctoral thesis aims to explain how oil exploration/production can exacerbate pre-existing tensions. To focus on this particular issue, examples will be cited from across Africa but we will look at greater depth at central-east Africa, a vast area composed of the Great Lakes region and eastern Africa. In the 1990s this region was plagued by two wars that raged in Democratic Republic of Congo. Coalition forces fought over a country whose mineral resources are still being looted by neighboring nations and local militias at the expense of the Congolese government. Oil exploration around the borders of eastern Congo has fuelled new conflicts with former adversaries (Rwanda and Uganda). Elsewhere, the theft of crude by Angola around the mouth of the Congo River has been the price that Joseph Kabila's family has had to pay to remain in power. South Sudan, which broke away from the North in 2011, has created a dangerous precedent; the move demonstrated that the 19th century borders of Africa are not definitive. And the role of oil in the process has been decisive.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 1 vol. (399 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 381-388

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Paris 8-Vincennes Saint-Denis (Sciences humaines et sociales-Arts-Lettres-Droit). Service Commun de la Documentation. (Saint-Denis) .
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TH 3186
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.