Se faire contemporain : les danseurs africains à l'épreuve de la mondialisation culturelle

par Altaïr Despres

Thèse de doctorat en Sociologie et anthropologie

Sous la direction de Catherine Quiminal.

Soutenue en 2012

à Paris 7 .


  • Résumé

    La mondialisation culturelle, saisie comme une conjonction de pratiques concrètes plutôt que comme un phénomène aussi uniforme qu'irrépressible, pose le problème de l'émergence d'espaces sociaux transnationaux, mais aussi celui de la production, à une échelle globale, de personnes, d'activités et d'intérêts spécifiques. La thèse se propose d'aborder cette question à partir du cas particulier de la danse contemporaine africaine, conçue comme un redéploiement au Sud d'une économie symbolique qui s'est structurée au Nord. En combinant plusieurs méthodes d'enquête - ethnographie multisituée (Mali, Burkina Faso, Tunisie, France), entretiens, archives - il s'agit d'abord de comprendre comment émerge un espace chorégraphique franco-africain, au croisement des logiques politiques de la coopération et de logiques proprement artistiques. L'analyse est ensuite consacrée aux trajectoires des danseurs concernés, souvent d'origine populaire, depuis leur improbable engagement dans la danse contemporaine, jusqu'à leur éventuelle insertion sur le marché chorégraphique international, en passant par leur apprentissage de codes inséparablement esthétiques et moraux. On voit alors que l'intérêt pour une pratique artistique venue d'ailleurs se forge et se perpétue au gré de logiques locales extra-artistiques : recherche de rétributions économiques, migration internationale notamment. Enfin, l'observation participante menée au sein d'une compagnie de danse permet de montrer que l'inscription de la création africaine dans le champ de l'art contemporain doit autant à l'intériorisation de ses normes esthétiques qu'à la mise en scène de symboles culturels supposés propres a l'Afrique.


  • Résumé

    Cultural globalization considered as a conjunction of substantial practices rather than a uniform and unrestrained phenomenon, raises the problem of the emergence of transnational social spaces and the production, in a global scale, of persons, activities and specific interests. This research deals with this question starting with the case of african contemporary dance seen as a deployment in the South of a symbolic economy first structured in the North. Combining different methods of investigation - multisited ethnography (Mali, Burkina Faso, Tunisia, France), interviews, archives - the analysis first establishes the role of cooperation policies as well as artistic issues in the emergence of a franco-african choreographic space. The thesis then focuses on the trajectory of the concerned dancers, often born in poor families, from their unlikely engagement in contemporary dance, to their potential insertion in the international choreographic market, and their learning of codes which are inseparably aesthetic and moral. It appears that the interest for a foreign art practice can arise and perpetuate in relation to local extra-artistic issues: research for economic remuneration and international migration among others. The last part of the thesis, based on a participant observation in a contemporary dance company, shows that the integration of african creation in the field of contemporary art depends as much on the internalization of its aesthetic norms as on the staging of cultural symbols perceived as peculiar to Africa.

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  • Détails : 1 vol. (504 p.)
  • Annexes : 455 réf.

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  • PEB soumis à condition
  • Cote : TL (2012) 029

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