Vices et vertus de l’interprétation, Diderot en quête d’éthique (1773-1784)

par Charles Vincent

Thèse de doctorat en Littérature française

Sous la direction de Michel Delon.

Soutenue le 19-11-2012

à Paris 4 , dans le cadre de École doctorale Littératures françaises et comparée (Paris) , en partenariat avec CELLF 17e-18e (laboratoire) .


  • Résumé

    Notre thèse vise à interpréter le décousu du discours moral de Diderot depuis son voyage à Saint-Pétersbourg jusqu’à sa mort (1773-1784), à l’aide de quatre disciplines : analyse de controverses, logique, épistémologie et herméneutique. Le philosophe vieillissant a fait l’objet d’une triple critique : incohérence philosophique, hypocrisie morale et décousu stylistique. Cette image d’une girouette un peu sénile et un peu lâche est pour partie le résultat d’une lecture simplificatrice, initiée par les Antiphilosophes dès l’époque des Lumières, et pour partie le résultat d’une écriture et d’une pensée plurielle, dont la complexité échappe. Le philosophe vieillissant étudie la morale de différents points de vue complémentaires ou antagonistes, oscillant entre la recherche d’une norme universelle du bien et l’étude des circonstances qui font varier les comportements. Nous proposons de lire son œuvre ultime à l’aune de l’encyclopédisme comme une anamorphose jouant de plusieurs thèmes, savoirs et écritures. La cohérence de sa morale dépend alors du point de vue que le lecteur ou le critique adopte. Diderot, conscient que la multiplicité des regards et des styles qu’il propose sur la morale risque d’en troubler la cohérence, réfléchit, dans l’Essai sur les règnes de Claude et de Néron, à une éthique de l’interprétation. Il propose un mode lecture de l’œuvre et la vie de Sénèque qui vaut aussi pour son époque et pour lui-même. Loin de dissoudre l’exigence d’une morale universelle dans l’infinie variation des cultures, des circonstances et des langues, l’interprétation bienveillante rapproche les cultures autant que les différentes conceptions du bien.

  • Titre traduit

    In Quest of ethics, Interpretation in Diderot’s late work (1773-1784)


  • Résumé

    This thesis attempts to interpret Diderot’s disjointed style in ethics, from his trip to Saint-Petersburg until his death (1773-1784), with the help of four disciplines: analysis of the controversies, logic, epistemology and hermeneutic. In the late period, Diderot was criticised for incoherence, moral hypocrisy and ragged writing. On one hand, this image was the result of simplistic reading, initiated by the Counter-Enlightenment. On the other, it comes from a plural way of writing and thinking. The aging philosopher studied ethics from different points of view, oscillating between the search for universal rules and the study of varying circumstances. Considering Diderot’s encyclopedism, this thesis proposes reading the late work as an anamorphosis playing on several themes, knowledge and writings. The consistency of his ethics will therefore rely on the reader’s perspective. Diderot was well aware of the plural reading of his complex work. To counter misinterpretations, he reflected on a moral way to interpret Seneca in his Essai sur les règnes de Claude et de Néron. This practice of interpretation applied as much for Diderot himself as it did for his period. Far from dissolving the need for a universal moral truth in an infinite variation of cultures, circumstances and languages, the philosopher instead tried to bring together these cultures as well as different conceptions of good and evil.


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