Guy Debord : automythographe

par Yalla Seddiki

Thèse de doctorat en Littératures française et comparée

Sous la direction de Pierre Brunel.

Soutenue le 10-03-2012

à Paris 4 , dans le cadre de École doctorale Littératures françaises et comparée (Paris) .


  • Résumé

    Théoricien, « stratège » – ainsi qu’il s’est défini – cinéaste, acteur de ses seuls films, mémorialiste, révolutionnaire, membre du lettrisme (initié par Isidore Isou) et membre de l’organisation politique Socialisme ou Barbarie ; cofondateur de l’Internationale lettriste (1952-1957) et de l’Internationale situationniste (1957-1972), Guy Debord n’a visé à rien comme à projeter sur ses productions les traits de l’exceptionnel. Pour ce faire, il s’est entouré de quelques dizaines de compagnons. Ce qui constitue la base extrinsèque du mythe de Guy Debord. Par la trame anecdotique, la première partie de cette recherche évoque les personnalités qu’il a fréquentées, les mouvements d’avant-garde politiques et artistiques qu’il a momentanément soutenus et plus souvent affrontés, mais qui, en partie, ont déterminé les orientations de sa vie et de sa pensée. Il s’est d’abord agi pour Guy Debord de projeter les promesses émancipatrices de l’art et de la poésie moderne dans l’espace urbain et les relations sociales. Dans un deuxième temps, la réalisation de ce projet est subordonnée à celui de la révolution. Cependant, ce dessein est inséparable d’une esthétique, autrement dit d’une base intrinsèque, « le style de la négation », écrit Guy Debord. C’est le sujet de la seconde partie de ce travail. La « dérive », la « métagraphie influentielle », la « psychogéographie », la « situation » et le « détournement » sont quelques-uns des concepts qui dessinent une esthétique de l’action artistique et politique. Par ailleurs, d’abord intuitivement, puis avec une conscience maîtrisée, Guy Debord convoque une grande variété de figures et de récits exemplaires dont, analogiquement, il vise à diriger vers soi une partie de la puissance et du prestige. Par la constitution d’un cadre imaginatif mythique et mythographique, Guy Debord s’affronte à un nécessaire dépassement de l’intériorité imaginante vers la réalisation du récit dans la matérialité historique.

  • Titre traduit

    Guy Debord : automythograph


  • Résumé

    Theoretician, “Strategist” – as he defined himself –, film director, actor in his own films exclusively, memorialist, revolutionary, member of the Lettrist movement (initiated by Isidore Isou) and member of Socialism or Barbarism, a political organisation ; co-founder of the Lettrist International (1952-1957) and of the Situationist International (1957-1972), Guy Debord aimed for nothing but project features of the exceptional on his works. To do so, he surrounded himself with a few dozens companions, which constitutes the extrinsic basis of the Guy Debord myth. Through the fabric of anecdotes, the first part of this research brings up the key figures he socialised with and the political or artistic avant-garde movements he momentarily supported, and more often confronted, but which determined in part the courses taken by his life and thought. At first, for Guy Debord, it was a case of projecting the emancipatory promises of art and modern poetry onto the urban space and social relations. Then, the realisation of this project becomes subordinated to the project of revolution. However, this goal can not be separated from an aesthetic form, that is to say from an intrinsic basis, “the style of negation”, according to Guy Debord. The second part of this work will focus on this subject. “Drift”, “Influential metagraphy”, “psychogeography”, “situation” and “diversion” are but a few concepts outlining an aesthetic of political and artistic action. Besides, Guy Debord summons a large variety of characters and exemplary narratives – first intuitively, then with a fully controlled conscience –, the power and prestige of which he analogically aims to direct partly at himself. By elaborating an imaginative, mythical and mythographical framework, Guy Debord faces the necessity to overtake the mind-wandering inwardness, towards the accomplishment of the narrative within the historical materiality.


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