Le romantisme « frénétique » : histoire d’une appellation générique et d’un genre dans la critique de 1821 à 2010

par Emilie Pezard

Thèse de doctorat en Littérature française

Sous la direction de Bertrand Marchal.


  • Résumé

    L’appellation « genre frénétique », créée par Charles Nodier en 1821, fait aujourd’hui partie intégrante du vocabulaire des études sur le romantisme. Le genre qu’elle désigne donne cependant lieu à des définitions divergentes, tant au niveau des auteurs qui l’exemplifient qu’au niveau des caractéristiques qui le décrivent. Cette thèse retrace l’histoire du genre frénétique tel qu’il a été défini par la critique, de 1821 à 2010, à partir d’une étude des emplois de l’appellation générique dans un corpus de près de 630 textes critiques. Dans les années 1820 et 1830, la notion du frénétique revêt une visée polémique dans le cadre du débat sur le romantisme. Alors que Nodier inventait le genre frénétique pour le distinguer du romantisme, de nombreux critiques assimilent au contraire, totalement ou partiellement, les deux notions, l’appellation permettant de décrire le romantisme dans ses dimensions violente et excessive. Après plusieurs décennies où le genre disparaît des lectures du romantisme, le genre « frénétique » est à nouveau convoqué au début du XXe siècle et connaît un succès croissant, qui a pour corollaire une complexification des définitions. Manifestation d’une révolte métaphysique ou transposition littéraire d’un èthos, le « frénétique », qu’il soit jugé favorablement ou non, permet aussi généralement de rendre compte de la vogue, à l’époque romantique, d’un genre horrifique et outrancier, héritier du roman gothique anglais. Ce dernier genre, formé par les romans de Radcliffe, Lewis et Maturin, constitue cependant un corpus hétérogène déterminant deux lignées génériques qui méritent d’être distinguées, le roman noir et le frénétique.

  • Titre traduit

    « Frénétique » Romanticism : History of a genre and its appellation in the critique (1821–2010)


  • Résumé

    The name of the “Frénétique” genre was created by Charles Nodier in 1821 and is now an integral part of the vocabulary of Romanticism studies. The genre it designates, however, has experienced diverging definitions, both with regards to the authors associated with this genre and the characteristics that describe it. The present thesis traces the history of the genre known as “Frénétique” as defined by critiques from 1821 to 2010, based on a study of the uses of the genre name in a corpus of close to 630 critiques. In the 1820s and 1830s, the notion of “Frénétique” was used in debates on Romanticism with a polemical purpose. While Nodier invented the “Frénétique” genre so as to distinguish it from Romanticism, numerous critics instead assimilated the two notions in part or in whole —using the “Frénétique” appellation to describe the most violent and excessive dimensions of Romanticism. After disappearing from Romanticism readings for several decades, the “Frénétique” genre emerged again in the early 20th century, when its rising success lead to an increasing complexity of its definitions. The “Frénétique” genre can be the manifestation of a metaphysical revolt, the literary transposition of an èthos, or is generally used to describe the Romantic-era craze for a horrific and excessive genre that inherited its key characteristics from the Gothic Novel. The latter, constituted by the novels of Radcliffe, Lewis and Maturin, spurred two genres that should be distinguished: the French Gothic Novel and the “Frénétique” genre.


Le texte intégral de cette thèse n'est pas accessible en ligne.
Il est disponible au sein de la bibliothèque de l'établissement de soutenance.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université de Paris-Sorbonne. Service commun de la documentation. Bibliothèque électronique.
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.