Être, c’est pour savoir. Approche syntaxique de la poésie de Guillevic

par Rozenn Jarnouën de Villartay

Thèse de doctorat en Langue française

Sous la direction de Georges Molinié.

Soutenue le 24-01-2012

à Paris 4 , dans le cadre de École doctorale Concepts et langages (Paris) , en partenariat avec Sens, texte, informatique, histoire (Paris) (équipe de recherche) .

Le président du jury était Joëlle Gardes.

Le jury était composé de Laurence Bougault, François-Charles Gaudard.


  • Résumé

    Les poèmes de Guillevic constituent des tentatives sans cesse réitérées de dire l’ineffable du monde, de le nommer et d’apprivoiser un monde vécu comme une menace. Ces poèmes présentent donc l’actualisation des verbes être et avoir dans des énoncés définitoires, des tours présentatifs et des structures clivées, à une très haute fréquence. Par ailleurs, ces énoncés s’écartent régulièrement de la norme syntaxique. Cette thèse se propose de fonder un travail d’analyse stylistique à partir de l’étude syntaxique et sémantique des verbes être et avoir en prenant pour unité d’analyse le texte – c’est-à-dire en considérant ces verbes comme ne prenant tout leur sens que dans leurs rapports avec l’ensemble du poème où ils s’insèrent – pour mettre en évidence le désir qu’a le poète de lutter contre l’instabilité et la fragilité d’un univers, sans cesse sous la menace d’un délitement, en lui donnant substance. Nous montrerons également que la poétique guillevicienne est une poétique du fragment : se caractérisant par ses lacunes, ses trouées, cette écriture est apte à dire un univers en miettes, sous le signe de la déchirure et de l’isolement. Mais elle est plus précisément le lieu d’une tension entre fragmentation et cohésion : l’écriture chez le poète est fondamentalement poiein et a une fonction réparatrice : il s’agit de retisser des liens entre les hommes et le monde et d’apprendre à vivre ensemble. Poésie à dimension éthique, elle s’efforce de définir un nouvel ordre, en abolissant les hiérarchies dans et par le langage : les constituants du réel et mots dans la phrase ont tous une même importance. Enfin, définir êtres et choses permet au poète de construire un projet ontologique : d’une part, être, c’est mener une inlassable enquête pour comprendre (au propre comme au figuré) le monde, d’autre part, la réalité étant maîtrisée, être, c’est vivre dans la plénitude de l’instant.

  • Titre traduit

    Être, c’est pour savoir. Syntaxic approach of Guilevic’s poetry


  • Résumé

    Guillevic’s poems are endlessly-repeated attempts to tell the ineffable in the world, to name it and to tame reality which is felt as a threat. These poems very often include the verbs "être" and "avoir" in definitional phrases, in turns of phrases which indicate something exists, in cleft sentences. Let it be noted that these sentences quite regularly break with commonly accepted grammatical rules. In this thesis, we intend to make a stylistic analysis which will rely on the syntactic and semantic study of the verbs "être" and "avoir". This study will use the text as a unit for analysis which implies that we consider that these verbs are meaningful only in so far as they connect with the whole poem they are part of. Our purpose is to bring to light the poet’s desire of giving substance to a world which is under constant threat of crumbling down, and fighting against its instability and frailty. We’ll also show that Guillevic’s poetics is a poetics of fragments. This writing features gaps, loopholes, elliptic phrases, and is well-suited to tell about a world which is falling apart, a lonely and fractured world. But it is more precisely the seat of a tension between splitting up and cohesion : for the poet, writing is fundamentally "poiein " and has got a repairing function. It consists in weaving again bonds between human beings and the world and in learning to live together. This poetics with an ethical dimension tries to define a new order, abolishing hierarchies in and through language : all the constituents of reality and the words in the sentence share the same importance. At last, defining living beings and things allows the poet to build an ontological project : on the one hand, being is leading an unremitting investigation to understand the world, on the other hand, and so far as reality is under control, being is living in the fulfilment of the instant.


Le texte intégral de cette thèse n'est pas accessible en ligne.
Il est disponible au sein de la bibliothèque de l'établissement de soutenance.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université de Paris-Sorbonne. Service commun de la documentation. Bibliothèque électronique.
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.