Soi-même comme un monstre pour demeurer un territoire inconnu. Complexité linguistique et clandestinité dans la poésie francophone de Louisiane à la fin du XXème siècle

par Jean-François Caparroy

Thèse de doctorat en Littératures françaises

Sous la direction de Beïda Chikhi.

Soutenue le 25-05-2012

à Paris 4 , dans le cadre de École doctorale Littératures françaises et comparée (Paris) , en partenariat avec Centre international d'études francophones (laboratoire) .


  • Résumé

    Pourquoi Jean Arceneaux, Deborah Clifton et David Cheramie – trois poètes francophones louisianais – font-ils le choix de se représenter sous les traits du monstre dans leur poésie ? L’étude comparée des recueils Cris sur le bayou, Suite du loup, A cette heure la louve et Lait à mère met en évidence l’existence d’un espace intertextuel, métaphorisé par les poètes eux mêmes sous les traits du « pays des loups », où les errances de leurs doubles poétiques dessinent les fondations d’un nouveau mythe américain.Dédoublement et enchâssement des différents alter ego de l’auteur en un processus poétique de « schizophrénie linguistique », projection de soi dans une figure monstrueuse à des fins de recolonisation d’un espace textuel devenu non-lieu poétique puis corps de substitution du poète, jeu carnavalesque où le texte devenu palimpseste figure une superposition de masques trahissant l’existence d’un monde littéraire caché, esthétique du louvoiement et prolifération d’une monstruosité formelle, tels sont les artéfacts poétiques mis en place par nos auteurs dans un jeu de stratégie du dire. Fidèles à une forme de pensée clandestine, les recueils donnent ainsi libre cours à une inversion des valeurs sociales, esthétiques et linguistiques, laissant le vide et le silence d’une condition d’aliéné devenir les matériaux d’une entreprise d’exploration mnésique à des fins de réhabilitation du soi.Se définissant dans cette difformité inscrite au cœur du texte, nos poètes semblent avoir réinventé et reconquis une langue française au potentiel performatif décuplé, faisant de cet Autre anglophone redouté, le complice médusé d’un rituel poétique de déconstruction et d’auto-gestation.

  • Titre traduit

    Oneself as a monster in order to remain an unknown territory Linguistic complexity and clandestinity in Louisiana francophone poetry by the end of the XXth century


  • Résumé

    Why do Jean Arceneaux, Deborah Clifton and David Cheramie – three francophone poets from Louisiana – choose to represent themselves as the monster in their poetry? The comparative study of their works Cris sur le bayou, Suite du loup, A cette heure, la louve and Lait à mère reveals the existence of a special location in between their different texts the poets themselves imagine as " the wolves' country ", where the wanderings of their poetical doubles draw the bases of a new American myth.The splitting and setting of the different alter ego of the writer in a poetical process of " linguistic schizophrenia ", the throwing of one’s own picture as a monstrous figure in order to recolonize a textual space turned into a poetical non-place before becoming a substitute body for the poet, the carnivalesque game in which the text now a palimpsest represents a superposition of masks that betrays the existence of a hidden literary world, the aesthetic of the wolf-like gait and the proliferation of a formal monstrosity, these are the poetical artifacts used by our writers in a strategy game to express themselves. Thus, keeping to a form of secret thought, their works present inverted social, aesthetic and linguistic values, allowing the emptiness and silent specific to alienation to become the materials to set out for an amnesic exploration in order to rehabilitate one’s own self.As they define themselves by this deformity written down in the texts, our poets seem to have invented and conquered again a French language ten times more powerful that makes of the “Other one” the anglophone they fear, the dumbfounded accomplice of a poetical ritual of deconstruction and self-gestation.


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