La visibilité de la mort et l’expression de la vie : la fondation funéraire de Philibert II de Savoie et Marguerite d’Autriche à Brou (1504-1532)

par Françoise Vial (Blattes)

Thèse de doctorat en Histoire de l’art

Sous la direction de Fabienne Joubert.

Soutenue le 07-02-2012

à Paris 4 , dans le cadre de École doctorale Histoire de l’art et archéologie (Paris) , en partenariat avec Centre André Chastel (Paris) (laboratoire) .

Le président du jury était Philippe Lorentz.

Le jury était composé de Fabienne Joubert, Philippe Lorentz, Dagmar Eichberger, Laurence Rivière Ciavaldini.


  • Résumé

    Traditionnellement perçu comme expression de la politique impériale de Marguerite d’Autriche, régente des Pays-Bas, dans le duché de Savoie dont elle était douairière en Bresse, le couvent Saint-Nicolas de Tolentin à Brou monumentalise en fait la dévotion de son défunt époux Philibert II. Le souverain avait hérité des derniers ducs de la branche aînée son inclination ignorée pour l’influente congrégation observante des Augustins de Lombardie qui participant de la création renaissante, fournit, transcrit dans un style local, le schéma claustral de Brou. L’idée maîtresse de Marguerite fut le prestige de la Renaissance, découverte au dôme Saint-Jean de Turin. A l’encontre des lectures erronées du XIXe siècle, la princesse ne s’inspira pas de Champmol. Pour son italianisme, elle confia les tombeaux et l’église au français Perréal. Seules des impossibilités pratiques l’amenèrent à recruter fin 1512 le bruxellois van Boghem. Son art et son réseau brabançons accompagnaient le tropisme ibérique de la cour de Bourgogne mais dès 1524-25, il insuffla à Brou les touches maniéristes que permettait la pénétration de la Renaissance aux Pays-Bas, plus tardive qu’en France. Le programme de l’église sotériologique emphatise la piété du duc et à un second rang, celle de la maison de Marguerite, mais aussi les devoirs du regnum, que Philibert et sa veuve exercèrent dans des pays distincts : ils culminent dans l’exercice de la justice dont le modèle est le Christ du Jugement dernier qui jadis, figurait sur le vitrail nord du transept de Brou. Marguerite signa l’œuvre : promouvant l’échange compassionnel, elle incitait autant à la conversion de chacun qu’à la prière d’intercession et à la mémoire, par-delà les siècles, de l’archiduchesse dont la naissance d’exception, impériale, avait engagé la vie et le monument d’exception.

  • Titre traduit

    The visibility of death and the expression of life : the funeral foundation of Philibert II of Savoy and Margaret of Austria at Brou (1504-1532)


  • Résumé

    Instead of expressing, as it is traditionally regarded, the imperial politics in Savoy of Margaret of Austria, regent of the Netherlands, the convent Saint Nicolas of Tolentino in Brou she erected in her dower of Bresse embodies the devotion of her late husband Philibert II, duke of Savoy. The sovereign had received from the last dukes of the eldest branch that unrecognized inclination towards the soaring observant congregation of the Austin Friars of Lombardia, which joined the Renaissance and provided the claustral scheme of Brou. Margaret’s main idée was the search of the Renaissance she had discovered through the Duomo San Giovanni of Torino. Against the incorrect readings of the XIXth century, she was not inspired by Champmol. She entrusted the graves and the church of Brou to the Italianizing French artist Perréal, and only practical impediments prompted her to sign on van Boghem at the end of 1512. His brabantine Gothic’s practice and circle accorded to the Spanish tropism of the burgundian court but around 1524-1525, the arrival of the Renaissance in the Netherlands allowed him to bring mannerist accents. The iconology of Brou reveals its soteriological aim. It magnifies the duke’s devotion and at a second rank, the one of Margaret’s house, but also the duties of the regnum that Philibert and his widow both practiced in different countries. Their acme is the ministry of Justice whose reference is the Christ of the Last Judgment, which once figured on the lost northern glass window of the transept. Margaret signed the work: ruled by a will of compassion and exchange, it induced anyone both to the conversion for one’s own salvation, to intercede for the princes, and to remind through ages the memory of the archduchess, whose exceptional imperial birth had involved her unique life and memorial.


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