La représentation de l’intimité dans le travail de Patrice Chéreau 1982-2010

par Valerie Nativel

Thèse de doctorat en Etudes théâtrales

Sous la direction de Gilles Declercq.

Soutenue le 01-12-2012

à Paris 3 , dans le cadre de École doctorale Arts & médias (2009-2015 ; Paris) , en partenariat avec Institut de recherches en études théâtrales (Paris) (équipe de recherche) .


  • Résumé

    L’intime est un défi lancé à la représentation : comment montrer ce qui est par essence caché, ce qui échappe à l’espace public pour se loger dans le privé, entre les murs des foyers, ou dans le for intérieur ? A ce questionnement esthétique – que peut la représentation face au paradoxe de l’intime ? – s’ajoute un enjeu éthique : qu’a-t-on le droit de montrer de cette sphère régie par le secret et la pudeur ? Notre recherche se propose comme objet l’oeuvre du metteur en scène et cinéaste Patrice Chéreau. A la scène comme à l’écran, les corps y sont exposés jusqu’à l’excès, suscitant chez le spectateur malaise et fascination. Deux postures s’y dessinent : intrus ou voyeur, le spectateur est appelé à réfléchir son activité. Au théâtre, c’est l’articulation d’un dispositif scénique épuré et d’un jeu d’acteur puissamment charnel qui place le spectateur dans une proximité physique dérangeante à un corps débordant. Au cinéma, c’est en donnant à voir une nudité suintante, loin des standards lisses des images photoshoppées, que le cinéaste en appelle à une pulsion scopique qui met en branle une fonctionnalité haptique du regard. Ainsi, la représentation de l’intime suscite un besoin d’outrepasser la vision pour palper le visible. Or c’est précisément par le relais du directeur d’acteur que ceci est rendu possible. Ce que nous regardons, en dernière instance, est la relation qui unit Patrice Chéreau à ses comédiens, relation au sein de laquelle se joue une érotique de l’acteur, mais aussi une éthique de l’intime, entendue comme le moyen de dépasser obscénité, exhibitionnisme ou pornographie qui caractériseraient la représentation de l’intimité.

  • Titre traduit

    The representation of privacy in the work of Patrice Chéreau 1982-2010


  • Résumé

    Privacy is a challenge launched to representation: how do we show what is hidden in essence, that which escapes the public sphere to find place in the private realm, between the walls of homes, or in conscience? In this aesthetic questioning - what can the representation accomplish in front of the paradox of privacy ? – here, an ethical stake is added: what can we show of this sphere governed by the secret and the decent ? The basis of our research is the work of the director and film-maker Patrice Chéreau. Both on stage as well as on screen, bodies are given to be seen until excess, creating embarrassment and fascination in the audience. Two postures take shape here: intruder or Peeping Tom. The spectator is called to reflect his activity. To the theater, it is the link between an uncluttered scenic device and a powerfully carnal act, that places the spectator in disturbing physical proximity to an overflowing body. In the cinema, by exposing the audience to a secreting nudity, far from the standards of images produced by Photoshop, the film-maker calls forth a magnified drive which creates a haptic feature of the glance. So, the representation of privacy arouses a need to exceed the vision in order to feel the visible. This is made possible via the director. In the final analysis, we look at the relationship between Patrice Chéreau and his actors, the relationship where not only the actor’s erotic, but also the ethics of privacy, take shape, both considered as the means to overtake obscenity, exhibitionism or pornography, characterizing the representation of intimacy.

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