Une pratique sans théorie. Le très long poème américain de seconde génération

par Vincent Bucher

Thèse de doctorat en Etudes anglophones

Sous la direction de Christine Savinel.

Le président du jury était Axel Nesme.

Le jury était composé de Christine Savinel, Axel Nesme, Marie-Christine Lemardeley, Antoine Cazé, Mathieu Duplay.


  • Résumé

    Les États-Unis n’ont eu de cesse d’attendre depuis Emerson le grand chef d’œuvre national qui célèbrerait le destin d’exception de la jeune démocratie et affranchirait la littérature et la langue américaines de la tutelle du vieux continent. Cette tâche ne pouvait incomber à l’épopée dont on a pu juger qu’elle était inapte à décrire le monde contemporain et qu’elle contredisait une modernité poétique de l’intensité lyrique. La renaissance spectaculaire du « long poème » américain au cours des XIXe et XXe siècle ne peut donc s’inscrire dans la filiation de « formes » jugées obsolètes. Elle paraît d’ailleurs d’autant plus problématique qu’après avoir été rapportée au lyrisme démocratique de Walt Whitman, le « long poème » fut approprié par T.S. Eliot et Ezra Pound et assimilée aux excès d’un « high modernism » autoritaire, élitiste et systématique. C’est ainsi que la critique n’est parvenue à rendre compte paradoxalement de cette « forme » qu’en la niant, confirmant ainsi son illisibilité : le long poème ne pouvait être qu’un recueil de poèmes courts, un chef d’œuvre ruiné ou une parodie de la pensée systématique et de l’exceptionnalisme américain. En étudiant « A » de Louis Zukofsky, Paterson de William Carlos William et les Maximus Poems de Charles Olson, je vise à démontrer qu’il est au contraire possible de lire cette forme en tant que telle sans avoir recours à des typologies génériques ou à la dichotomie modernisme/postmodernisme. Je tenterai aussi de suggérer que, dans ces trois œuvres, la poésie se conçoit comme une activité en devenir qui tente modestement d’articuler le poème au monde, au temps et à la lecture.

  • Titre traduit

    A Practice without a Theory. The Second Generation of the American Long Poem


  • Résumé

    Ever since Emerson the United-States have been expecting the great national masterpiece that would not only celebrate the unique destiny of this young democracy but would also free American language and literature from the European model. However, it did not seem that it was for the epic poem to accomplish this task given that it appeared not only ill-suited to describe the modern world but also incompatible with the demands of a poetic modernity predicated on lyrical intensity. Hence, the planned obsolescence of this “form” has made it all the more difficult to explain the spectacular rebirth of the “American long poem” in the 19th and 20th centuries. It has appeared all the more problematic since, after having been associated to Walt Whitman’s democratic lyricism, the “long poem” was appropriated by T.S. Eliot and Ezra Pound making it the symbol of the authoritarian, elitist and systematic tendencies of “high modernism”. It will thus come as no surprise that the critical community has tended to view the “long poem” negatively confirming in a way its illegibility: the “long poem” could only be viewed as a short lyric sequence, an impossible masterpiece or a parody of systematic thought and American exceptionalism. In undertaking this study of Louis Zukofsky’s “A”, William Carlos William’s Paterson and Charles Olson’s Maximus Poems I wish to demonstrate that it is possible to read the “long poem” as such without having to resort to generic categories and to the modern/postmodern dichotomy. I also hope to show that, in these three works, poetry is understood as a kind of ongoing activity which modestly attempts to articulate the poem to the world, time and reading.

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