Le cut-up. Ses antécédents, ses développements, en Europe et aux Etats-Unis au XXe siècle. Lectures à partir William S. Burroughs
| Auteur / Autrice : | Clémentine Hougue |
| Direction : | Jean Bessière |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Littérature générale et comparée |
| Date : | Soutenance le 27/09/2012 |
| Etablissement(s) : | Paris 3 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Littérature française et comparée (Paris ; 1992-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre d'études et de recherches comparatistes (Paris) |
| Jury : | Président / Présidente : Philippe Daros |
| Examinateurs / Examinatrices : Jean Bessière, Philippe Daros, Anne Tomiche, Noëlle Batt | |
| DOI : | 10.70675/3cb9e85ez7756z4714z880ez116efbb139bc |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Créée en 1959 par William S. Burroughs et Brion Gysin, la technique du cut-up repose sur le découpage et le réagencement de fragments de textes d’origines diverses. Burroughs l’applique notamment dans la « trilogie Nova », composée de The Soft Machine (1961), The Ticket That Exploded (1962) et Nova Express (1964). Ce procédé de collage littéraire, qui donne à lire un texte extrêmement fragmenté, met en jeu des questions d’ordre esthétique, poétique et politique, révélatrices des évolutions socioculturelles occidentales. Ce travail consiste en une lecture historique du cut-up, qui permet d’éclairer les mutations du collage littéraire au XXe siècle. Ainsi, le cut-up trouve ses origines dans les collages de Tristan Tzara, T.S. Eliot et John Dos Passos, mais s’en distingue à bien des titres, soulignant les caractéristiques du collage littéraire moderniste. Par ailleurs, cette technique d’écriture s’apparente, notamment sur le plan de la réflexion politique, aux travaux de ses contemporains lettristes et situationnistes dans les années cinquante et soixante. Enfin, l’émergence de prolongements du cut-up dans les années soixante-dix et quatre-vingt, aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis, s’observe dans des champs allant de la musique populaire à la littérature, en passant par la poésie sonore. Le cut-up s’inscrit donc dans des espaces intermédiaires, entre le pictural et le littéraire, le modernisme et le postmodernisme, l’avant-garde et la contre-culture, l’Europe et les Etats-Unis. Par les questions qu’il pose, le cut-up apparaît également comme une réflexion sur le langage et plus généralement, comme une nouvelle image de la pensée : en ce sens, il révèle ses affinités conceptuelles avec les philosophies de Jacques Derrida et de Gilles Deleuze.