La scène enchantée du jardin en Angleterre et en France au 18e siècle : une nouvelle mimèsis

par Justine de Reyniès (De Séguin)

Thèse de doctorat en Lettres

Sous la direction de Jean-Paul Sermain et de John Renwick.

Soutenue le 23-05-2012

à Paris 3 en cotutelle avec l'University of Edinburgh , dans le cadre de École doctorale Littérature française et comparée (....-2015 ; Paris) , en partenariat avec Formes et idées de la Renaissance aux Lumières (Paris) (équipe de recherche) .


  • Résumé

    Cette recherche porte sur les textes théoriques qui accompagnent la révolution du jardin moderne dans l’Angleterre et la France des Lumières, et se propose d’étudier sous l’angle de la mimèsis ce corpus aujourd’hui bien connu des spécialistes. Il s’agit de retracer, suivant une progression chronologique, les étapes d’un cheminement intellectuel qui conduit, dans le dernier tiers du 18e siècle, à la reconnaissance du statut libéral de l’art des jardins, désormais compté au nombre des arts de représentation. L’affirmation du caractère mimétique de la composition non narrative qu’est l’œuvre paysagère, a été préparée par l’inflexion sensualiste et hédoniste donnée à la théorie de l’imitation dès le tournant du 17e et du 18e siècle, et le déplacement qui s’opère alors dans le discours sur l’art, d’une poétique vers une esthétique. Deux termes se trouvent au cœur de ce rapprochement de la discipline horticole avec la doctrine de la mimèsis. Tout d’abord, celui de "scène" naturelle, qui permet de saisir, dans l’objet esthétique qu’est le "paysage", une catégorie d’image nouvelle, à la fois liée aux représentations poétique ou picturale, et distincte de celles-ci. Ensuite, celui d’"enchantement", dont l’évolution sémantique révèle les mutations et les tensions qui affectent la pensée du paysage au cours du 18e siècle.

  • Titre traduit

    Spectacles of Enchantment. Landscape Garden Aesthetics in Eighteenth-Century England and France


  • Résumé

    This study is focused on the theoretical writings that are contemporary with the invention and spreading of landscape gardening in 18th-century England and France, and aims to throw new light on a corpus that is now well known to specialists. It maps out the intellectual developments which laid the ground for an integration of garden theory into the system of fine arts based on the concept of mimesis. The assumption that a non-narrative artistic medium such as garden is a representation was anticipated by new developments in aesthetics at the turn of the 17th and 18th centuries, whereby the theory of imitation was reinterpreted on the basis of sensualist and hedonist assumptions. Two notions are instrumental in assimilating the practice of gardening with the making of visual replicas. First, the concept of "natural scene", which identifies landscape as a new category of picture, both distinct from - and linked with - pictorial and poetic images. Secondly, a specific sort of aesthetic illusion that involves a dynamic process, usually referred to by contemporaries as "enchantment". The semantic evolution of the latter term during the 18th century, and its various meanings in the context of landscape and garden design, enables us to better apprehend the antagonisms that shape this field of thought.

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