La participation des habitants dans les grandes villes chinoises - le cas Guangzhou

par Chunyu Shi

Thèse de doctorat en Science politique

Sous la direction de Jacques Chevallier.

Le jury était composé de Stéphanie Balme.

Les rapporteurs étaient Michel Miaille, Xiaohong Xiao Planes.


  • Résumé

    La participation populaire existe-elle dans un régime non démocratique comme la République populaire de Chine? Si la réponse est affirmative, comment la population chinoise participe-t-elle et quelle en est la portée? C'est en s'appuyant sur l'expérience de la ville de Guangzhou que la thèse entend répondre, concrètement à ces questions, en s'appuyant sur une méthode comparative: il s'agit d'observer les pratiques participatives chinoises en les confrontant à des expériences réalisées dans les pays occidentaux ainsi qu'aux éthiques et valeurs démocratiques libérales. À partir de différents angles d'observation - historique, juridique, politique et sociale- la recherche se propose de déterminer dans quelle mesure la nature d'un régime et son agencement institutionnel conditionnent, voire façonnent, le cadre, le contenu, les procédés et la portée de la participation populaire. Contrairement aux idées reçues, le Parti communiste chinois a toujours accordé une grande attention à la participation populaire: il se montre adaptatif et ouvert à l'évolution de la conjoncture sociale, ce qu'il manifeste par sa constance à conduire des innovations ou des réformes. Cette ouverture et ces adaptations s'avèrent cependant partielles: derrière elles, le pouvoir du Parti reste inchangé et intouchable; toutes les réformes engagées visent en fin de compte à défendre et à consolider tant l'autorité que l'influence du Parti. Il en va ainsi, de la mobilisation des masses à l'époque maoïste au court passage du grand débat sur " la pratique comme unique critère de la vérité", initié par Deng Xiaoping à son arrivée au sommet du pouvoir, jusqu'à la promotion de la "participation ordonnée", induite depuis les années 2000 par l'intensification des contestations sociales, et qui se traduit par la mise en place de plusieurs dispositifs destinés à l'expression directe des citoyens aux processus décisionnels: au lieu d'être un moyen de démocratisation, la participation apparait surtout comme un outil de renforcement du régime; elle est mise au service de la légitimation du pouvoir du Parti. Faute d'une volonté de redistribution ou de partage des pouvoirs entre l'Etat et la société, la portée de la participation populaire reste très limitée.

  • Titre traduit

    Resident participation in China's major cities - the case of Guangzhou


  • Résumé

    Can popular participation occur in an undemocratic regime like China? If the answer is affirmative, then how do the Chinese people participate and what are the significances of their participation? It is based on the experience of the city of Guangzhou that this thesis attempts to answer to these questions by a comparative approach: we try to observe the participative practices in China, and compare them with those conducted in the Western countries. We proceeded from different angles of view, namely historical, legal, political and social. Our research intends to determine to what extent the nature and institutional arrangements of a regime can condition or shape the content, processes and scope of its popular participation. Contrary to common belief, the Chinese Communist Party has always paid great attention to citizen participation: it shows itself to be open and adaptive to the changing social circumstances, and manifests a constant intention to drive innovations or reforms. However, this openness and these adaptations prove merely partial: behind them, the Party's power has remained unchanged and untouchable. All reforms are designed to ultimately defend and strengthen the authority and influence of the Party: from the mass mobilization in the Maoist era, followed by the short passage of the major debate on the “practice as the sole criterion of truth" initiated by Deng Xiaoping at the summit of his power, to the much more recent promotion of the "orderly participation", the latter induced by the intensification of social protests since the year 2000: Instead of being a mean of democratization, the popular participation of the nation appears primarily to be an instrument to strengthen the regime, being served in legitimizing the power of the Party. For as long as there exists this lack of a real will to redistribute power between the state and society, the scope of popular participation in China remains very limited.


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