Itinéraire du Samba en France : des Batutas (1922) à Baden Powell (1964)

par Luciano da Consolaçao Pereira

Thèse de doctorat en Ethnomusicologie

Sous la direction de Luc Charles-Dominique et de Matha Tupinamba de Ulhoa.


  • Résumé

    Nous avons retracé dans ce travail ethnologique l’itinéraire du samba en France au cours du XXe siècle. Auparavant méprisé par l’élite, le samba était et demeure toujours l’apanage des Noirs et du peuple. L’étude des fondements idéologiques de la pensée racialiste brésilienne à travers Silvio Romero, Nina Rodrigues ou Oliveira Vianna permet dans un premier temps d’appréhender la physionomie de la société brésilienne dans laquelle naquit le samba. Issu de la colonisation et d’un grand brassage de peuples de divers horizons, le Brésil est une nation métissée, tout comme sa musique dont les caractéristiques émanent de toute part (Afrique, Europe, Brésil). Dans les années 1920, période fortement marquée par le colonialisme et l’exotisme, le samba a été très bien accueilli à Paris. L’anthropologie dynamique nous servira alors de référence pour analyser les différents processus attachés au parcours du samba en France. Darius Milhaud est le premier à s’approprier le samba, avec Le bœuf sur le toit en 1921, le soumettant ainsi au blanchissement. Parallèlement, le samba s’exporte tel quel avec un groupe de musiciens brésiliens controversés au Brésil, les Batutas. Le samba passe également en France par une phase d’assimilation et d’acculturation. Divers musiciens français l’adaptent et le réécrivent. Installé en France et donc libéré de la censure faite au samba au Brésil, Baden Powell va opérer la réafricanisation du samba. Face à l’engouement pour le samba en France, le Brésil ne pourra que se réapproprier cette musique, anoblie à ses yeux, au point même d’en faire un symbole national. Transculturé, le samba en France continue aujourd’hui sa route sous diverses formes.

  • Titre traduit

    Itinerary of Samba in France : froma batutas (1922) to Baden Powell (1964)


  • Résumé

    This work charts the ethnological evolution of samba music in France over the course of the 20th century. Previously scorned by the elite, samba was and remains the prerogative of Blacks (Brazilians of African descent) and of the masses. Through the study of the ideological foundations of racist thought in the writings of Silvio Romero, Nina Rodrigues or Oliveira Vianna, it is possible to comprehend the character of the Brazilian society in which samba music was born. A product of colonization and of a vast melting pot of peoples from diverse backgrounds, Brazil is a mixed nation, as is its music, which is imbued with multicultural characteristics (from Africa, Europe and Brazil). In the 1920s – a period characterized by colonialism and exoticism - samba was very well received in Paris. From that point on, dynamic anthropology serves as a reference in the analysis of the different processes connected to the evolution of samba music in France. Darius Milhaud was the first Frenchman to reclaim the genre, with Le Boeuf sur le Toit, in 1921, which he adapted to white audiences’ tastes. Simultaneously, samba was being exported unadultered by a controversial group of musician, the Batutas. Samba also went through assimilation and acculturation stages in France, as several French musicians adapted and re-wrote it. Settled in France and therefore free of the censorship that samba was subjected to in Brazil, Baden Powell began the “re-africanization” of samba. In the face of France’s passion for the musical genre, Brazil could do no more than reclaim samba, ennobled, in its eyes, by this French experience. Samba was even made into a national symbol. Trans-cultured, samba in France continues today to run its course, in various forms.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (371 f.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 3362-367. Index. Résumés en français et en anglais

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  • Bibliothèque : Université Nice Sophia Antipolis. Service commun de la documentation. Bibliothèque Lettres, Arts, Sciences humaines-Henri Bosco.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : 2012NICE2014
  • Bibliothèque : Université Nice Sophia Antipolis. Service commun de la documentation. Bibliothèque Lettres, Arts, Sciences humaines-Henri Bosco.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : 2012NICE2014bis
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