La question du conflit théologico-politique à l'orée du XVIIIe siècle et son traitement dans le "système Rousseau"

par Gérard Valdivia

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Jean-Louis Labussière.

Soutenue le 19-12-2012

à Montpellier 3 , dans le cadre de École doctorale 58, Langues, Littératures, Cultures, Civilisations (Montpellier ; ....-2014) , en partenariat avec Centre de recherches interdisciplinaires en sciences humaines et sociales de montpellier (équipe de recherche) .

Le jury était composé de Jean-Louis Labussière, Bertrand Binoche, Claude Gautier, Luc Vincenti.

Les rapporteurs étaient Bertrand Binoche, Claude Gautier.


  • Résumé

    Le caractère systématique de la pensée de Rousseau est maintenant assez bien établi, et l'on a cessé de la démembrer en privilégiant tel ou tel aspect de l'oeuvre, littéraire, politique, ou existentiel, comme on l'a fait si longtemps, trop longtemps. Cela étant, même les lectures les plus englobantes ne nous paraissent pas encore pleinement satisfaisantes. En effet, fondées le plus souvent sur le principe de la bonté humaine et sa corruption sociale, effectivement mis en avant par Rousseau lui-même comme son « grand principe », elles nous paraissent avoir minimisé un aspect pourtant essentiel de sa pensée, à savoir sa position concernant le conflit du politique et du religieux, quand elles n'y ont pas vu une nichée de contradictions : rôle équivoque de la « religion civile », lien entre l'Émile (plus particulièrement la « Profession de Foi du Vicaire Savoyard ») et le Contrat Social, incomplétude de ce dernier traité, qui paraît laisser en plan la question du droit international, et par conséquent du cosmopolitisme, donc d'un dépassement des querelles religieuses, etc. Or, en réinscrivant le propos de Rousseau dans une historiographie du conflit théologico-politique, considéré en et pour luimême, dans son aspect proprement historique, avant d'envisager ce qu'en ont pensé les philosophes, il nous a paru possible de pousser plus avant l'étude du système et de surmonter les contradictions que l'on a cru parfois y voir. Nous pensons en effet que ce conflit n'a pas pris fin avec le XVIIème siècle, et qu'il est toujours bien présent, sans doute sous des formes nouvelles, tout au long du siècle des Lumières, et tout particulièrement chez Rousseau. Selon nous, il n'est pas interdit de penser qu'il y a là un principe susceptible d'élargir, voire de clore, la complétude du système. De surcroît, il nous est apparu que Rousseau n'était pas seulement le théoricien d'un droit politique abstraitement considéré.S'il affirme à plusieurs reprises étudier le droit et non le fait, il n'instaure pas entre eux une séparation radicale de type sein/sollen, en quelque sorte pré-kantienne. Le fait est chez lui toujours pénétré de droit, et la théorie n'est jamais séparée de la pratique. Pour toutes ses raisons, nous croyons avoir trouvé dans son oeuvre de quoi nous aider à mieux percevoir, de la façon la plus concrète qui soit, les enjeux de la réinscription du religieux dans la politique contemporaine, ainsi que dans les obstacles qu'elle oppose ou paraît opposer à la constitution d'un authentique cosmopolitisme.

  • Titre traduit

    The theological-political question at the beginning of the 18th century and its treatment in “Rousseau’s system”


  • Résumé

    Rousseau studies generally tend to discuss the life and work of Jean-Jacques Rousseau rather than provide a systematicinterpretation of the corpus of his works, leaving us without a full-fledged system that we may attribute to Rousseau. Some scholars have excluded discussion of certain of his works and reduced the ambition of his system. Some of the available interpretations make Rousseau to be sometimes a literary author, sometimes a political one, and sometimes a dreamer, because they refuse, we charge, to look for a coherent organization between all of these interpretive fields. In order to develop a systematic interpretation, we must reconsider the overall dynamics of the corpus as being directed toward a central question, a problem for which the system proposes a resolution. We take this to be the theological-political problem, and it is from this perspective that we analyze Rousseau’s system. Rousseau’s work is shown to have a natural place within a historiography of the impact of the theological-political disorders in both the philosophical and practical fields during the 18th century. It is in this context that we can see that Rousseau’s whole corpus is organized around the resolution of the theological-political conflict. This interpretative method allows us to see and understand the general organization of Rousseau’s thought, the correspondences between writings hitherto undervalued, and the overall cosmopolite project supported by Rousseau’s system. Once we have grasped the landscape of the systematic whole of Rousseau’s project, we find that it can bring us new insights about our present day world by considering how the solutions it recommends could have an impact on our current political, social, and moral constructions.

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