Considérer les aires protégées dans la dynamique des systèmes socio-écologiques pour une conservation intégrée et durable de la faune sauvage africaine

par Chloé Guerbois

Thèse de doctorat en Sciences de la nature et de l'homme. Écologie

Sous la direction de Luc Doyen et de Hervé Fritz.

Le président du jury était Jacques Weber.

Le jury était composé de Stéphanie Carrière, Raphaël Mathevet.

Les rapporteurs étaient David W. McDonald, Raman Sukumar.


  • Résumé

    Les aires protégées, considérées comme un outil majeur de conservation de la faune sauvage, doivent aujourd'hui faire face à une compétition croissante pour l'espace et les ressources. Cette compétition appelle à une meilleure intégration des dynamiques socio-économiques régionales dans la gestion de ces aires. Cette thèse a comme objectif la compréhension des liens écologiques, socio-économiques et culturels conditionnant l'intégration de l'aire protégée au sein de l'anthroposystème auquel elle appartient. Le cadre conceptuel le plus pertinent est celui des systèmes socio-écologiques, qui permettent de compléter le cadre des écosystèmes naturels en incluant l'être humain comme élément fonctionnel et de transformation. Dans l'objectif d'inscrire les actions de conservation in situ dans la durabilité, le cadre choisi est celui de l'analyse de la résilience du système socio-écologique incluant l'aire protégée. Etayée par un important travail de terrain, cette étude se concentre sur le système constitué du Parc National de Hwange (Zimbabwe) et de sa périphérie, un système ouvert hébergeant l'une des plus importantes densités d'éléphant au monde. Pour comprendre les enjeux de l'intégration, nous nous sommes intéressés à l'étude des liens socio-écologiques entre l'aire protégée et les communautés rurales vivant à sa périphérie. La dimension largement interdisciplinaire de ce travail, où l'éléphant sera utilisé comme un fil conducteur, a conduit à combiner des méthodes issues de l'écologie et des sciences sociales. La contribution des aires protégées au bien-vivre est conditionnée par de multiples facteurs socio-culturels, qui influencent la perception des services (et dis-services) rendus par ces espaces. La distance à l'aire protégée régule l'intensité des flux (accès aux ressources naturelles et dégâts aux cultures). Par ailleurs, la cohésion sociale favorise la médiation des dis-services en diminuant les coûts associés à la coexistence homme-faune. La communauté étudiée repose sur une économie de subsistance largement contrainte par la pluviométrie et intimement dépendante des ressources naturelles. Les valeurs associées à ce type d'économie, et de société, ont certainement contribué à la résilience du système face aux crises politiques et économiques des années 2000. Cette thèse souligne la nécessité de comprendre les processus socio-écologiques endogènes qui sous-tendent la coexistence entre les aires protégées et leur périphérie. Protéger ces espaces et la faune sauvage repose donc aussi sur la protection des valeurs qui favorisent cette coexistence.


  • Résumé

    Protected areas, considered today as a major tool for wildlife conservation, are facing an increasing competition for space and resources. This calls for a better integration of socio-economic dynamics at regional scale in the management of protected areas. This thesis aims at understanding the ecological, socioeconomic and cultural linkages conditioning the integration of the protected areas into the anthropological system to which they belong. An appropriate conceptual framework for thinking these relationships is the socio-ecological system, which complements the framework of natural ecosystems by including humans as a functional element and a source of transformation. In order for conservation to be a sustainable objective, the analytical framework used is the resilience of socio-ecological systems, including protected areas. Illustrated by extensive field works, this study focuses on the socio-ecological system constituted by Hwange National Park (Zimbabwe) and its periphery, an unfenced area hosting one of the largest elephant density over the world. To understand the key challenges for integration, we studied the socio-ecological linkages between the protected area and the peripheral rural communities. This interdisciplinary research, where the elephant is used as a thread-line, necessitated to combine sociological and ecological methodologies. The contribution of protected areas to local well-being is dependent on multiple socio-cultural factors that influence the services (and dis-services) perceived as provided by these areas. The distance to protected areas regulates the intensity of fluxes (access to natural resources, wildlife damages). Further, social cohesion promotes the mitigation of dis-services by decreasing the costs associated with the coexistence between humans and wildlife. The economy of the studied community is based on subsistence, constrained by annual rainfall and intimately dependent on natural resources. The values associated with this type of economy, and society, certainly contributed to the resilience of this system regarding the political and economic crisis of the early 2000's. This thesis underlines the necessity to understand the endogenous socio-ecological processes that condition the coexistence between protected areas and their peripheral anthroposystems. Protecting wildlife through protected areas relies also on the protection of the values that promote coexistence.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (xxi-364 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 245-261

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  • Bibliothèque : Muséum national d'histoire naturelle. Bibliothèque centrale.
  • Consultable sur place dans l'établissement demandeur
  • Cote : TH 2012 -- 29
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