La rébellion « Codos » au Tchad. Une guerre Nord-Sud sans fin

par Nathan Ngarassem

Thèse de doctorat en Sciences politiques

Sous la direction de David Cumin.

Soutenue le 05-03-2012

à Lyon 3 , dans le cadre de École doctorale de droit (Lyon) .

Le président du jury était Jean-Paul Joubert.

Le jury était composé de Marielle Debos.

Les rapporteurs étaient Jean-Louis Atangana, Pascal Hintermeyer.


  • Résumé

    Au Tchad, le Nord contraste avec le Sud. Alors que le Nord, aride consacré à l’élevage, est majoritairement de culture arabo-islamique, le Sud, savane boisée propice à l’agriculture, a épousé la culture occidentale. Avec la colonisation, puis avec les présidents sudistes Tombalbaye et Malloum, cette dichotomie s’est accrue ethniquement, religieusement... Le Frolinat, taxant les régimes sudistes de dominants, a pris le pouvoir après la guerre civile de 1979 et depuis lors, le Nord l’a confisqué, même si, une opposition politico-militaire sudiste, l’a contesté en permanence : face à Goukouni, les FAT, reliquat de l’ancienne armée nationale, coiffées par un organe politique, le Comité Permanent créé en 1979 lors du repli des sudistes au Sud, puis face à Habré une opposition armée dénommée Codos, créés pour résister à l’invasion très meurtrière du Sud par les forces de Habré. Les Codos purent s’imposer lors d’engagements considérables mais jamais déterminants. En effet, l’appui extérieur obtenu par Habré pour le conflit d’Aouzou, l’existence de multiples groupes de Codos, l’absence de base arrière... les rendirent vulnérables. Mais leur action a amené Habré à la négociation permettant un rééquilibrage politico-militaire. Les Codos (ré)intégreront les organes administratifs militaires et civils. Beaucoup de lycéens reprendront leurs études. Certains leaders seront nommés à de hautes fonctions et d’autres militaires prendront leur retraite. Ainsi émerge un Codo, Tokinon P. K. qui est devenu un homme d’affaires sans désavouer le Codoriste leader sudiste, Kamougué qui occupa plusieurs hautes fonctions politiques et créa son parti politique en 1992. Est-ce la fin de la guerre Nord-Sud ?

  • Titre traduit

    The “Codos” rebellion in Chad. A North-South war without end?


  • Résumé

    In Chad, the North contrasts with the South. While the arid and mostly arabic-islamic North is devoted to the breeding of animals, the South with its wooded bush appropriate to agriculture has adopted the Western culture. With colonization then with the Southern presidents, Tombalbaye and Malloum, the dichotomy has increased considering ethnic and religious matters. Criticizing the southern regimes to be dominant, Frolinat has overthrown the southern power after the 1979 civil war and since then, the North confiscated it, even if an opposition politico-soldier Southerner, disputed it permanently : against Goukouni, the FAT, the remnants of the former national army lead by a political organ, the Permanent Committee created in 1979 during the southerners’ withdrawal in the South, and against Habré and an armed opposition called the Codos. The Codo movement was created to resist against the extremely bloody invasion of the South by Habré’s forces. The Codos managed to resist with considerable commitments but not conclusive. Indeed, the fact that Habré obtained an outside support for the Aouzou conflict, and the existence of multiple groups of Codos, and the absence of a rear base, the Codos got vulnerable. But their action lead Habré to the negociations which permitted a new military and political balance. The Codos would then incorporate administrative, military and civil organisms. Many students would go back to school. Some leaders will be named with high positions and other soldiers will take their retirement. Then, one Codo emerged, Tokinon P. K, who became a businessman without downgrading the influence of Kamougué, the Codorist Southern leader who dealt with several high political functions and created his political party in 1992. Is this the end of the North-South war?

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