De l’Étrurie à Rome : Mécène et la fondation de l’Empire

par Clément Chillet

Thèse de doctorat en Langues, histoire et civilisations des mondes anciens

Sous la direction de Yves Roman.

Le président du jury était Dominique Briquel.

Le jury était composé de Jean-Pierre Guilhembet, Domenico Palompbi, Marie-Claire Ferriès, Frédéric Hurlet.


  • Résumé

    Mécène est plus connu pour son rôle de « politique culturelle » sous Auguste que pour son action purement politique. Celle-ci couvrit pourtant des domaines variés : fiscalité, diplomatie, sécurité intérieure, vraisemblablement levée de certaines troupes. Le travail ici présenté peut-être défini comme une explicitation complète et une réévaluation des sources relues sous un angle essentiellement politique. L’étude minutieuse de sa famille et de son entourage permet, en effet, de mettre en évidence sa part dans l’élaboration de l’idéologie impériale et la postérité de ses traits. L’explicitation des éléments de sa carrière et leur intégration dans l’histoire politique générale de la fin de la République et du début de l’Empire permettent également de définir sa place dans le modèle de transition institutionnelle où le non-dit joua un rôle immense. Ses fonctions doivent ainsi être envisagées sous un triple rapport : en regard des institutions républicaines permettant ainsi d’évaluer la part de vérité ou de réalité de la res publica restituta proclamée par Auguste ; en regard du contexte immédiat, permettant d’évaluer la portée des circonstances ou du caractère planifié des réformes d’Octavien/Auguste ; enfin en regard des institutions impériales dont il pourra être considéré comme le « laboratoire ». La fixation de la chronologie de cette carrière permet d’éclairer le champ politique depuis l’année 44 : la nature de ses pouvoirs et sa manière d’occuper ses fonctions permettent de déterminer la coloration politique du régime naissant en constante évolution. Enfin, il est bien clair que Mécène trouve sa spécificité dans ses origines étrusques qu’il revendiquait fermement, quitte à s’opposer aux modèles de restauration morale et « nationale » développés par Auguste de manière contemporaine. Toléré et parfois courtisé parce qu’il portait avec lui le soutien de l’Étrurie et de l’Italie, et qu’il contribuait ainsi à faire entrer ces dernières dans le jeu politique romain, Mécène nous permet de définir avec plus de précision la place occupée par les Italiens dans la politique augustéenne et dans la construction d’identités locales en Italie

  • Titre traduit

    From Etruria to Rome : Maecenas and the founding of the Roman Empire


  • Résumé

    C. Maecenas is best known for his role in culture at the beginning of Augustus’ principate than for his political role. He acted however in various fields: taxation, diplomacy, home security and probably levied troops. This work aims at presenting a thorough explanation and reevaluating the sources from a political point of view. The close examination of his family and acquaintances enables me to show the part he played in the elaboration of the imperial ideology and the posterity of his own characteristics as they were depicted. Explaining his carrier and integrating it into the general history of politics at the end of the Republic and the beginning of the Empire, also allows a definition of his position in the institutional transition in Rome. His role must be considered from a triple point of view: in comparison with the republican institutions so as to estimate how true or real was the res publica restituta proclaimed by Augustus; in view of the current context so as to assess the importance of circumstances or the possible planning of Octavian/Augustus’ reforms; finally, in view of the imperial institutions of which he was a sort of laboratory or test bed. Fixing the chronology of his carrier makes it possible to shed light on the Roman political world from 44 b.C. onwards: the nature of his powers, the way of holding his offices makes it possible to determine the real nature of the new regime in constant evolution. Finally, it is very clear that C. Maecenas owes his specificity to his Etruscan origins that he proudly claimed, even if it meant being against the Augustan moral and “national” restoration program. C. Maecenas was tolerated for bringing the support of Etruria and Italy to Augustus: he made them enter the Roman political system and he makes it possible to estimate their positions in Augustan politics and the degree of elaboration of local identities in Italy

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