L’automédiatisation, une autre forme de communication sociale

par Mohamed Amara

Thèse de doctorat en Sociologie et anthropologie

Sous la direction de Gilles Herreros.

Soutenue le 30-03-2012

à Lyon 2 , dans le cadre de École doctorale Sciences sociales (Lyon) , en partenariat avec Centre Max Weber (Bron, Rhône ; Saint-Étienne) (laboratoire) .

Le président du jury était Abdelhafid Hammouche.

Le jury était composé de Yves Gilbert, Henri Lasserre.


  • Résumé

    L’automédiatisation, comme une autre forme de communication sociale, est une démarche de médiatisation de groupes de parole par l’image vidéo. Dans un contexte de distorsion du lien social (chômage, solitude, repli sur soi…), il s’agit de s’interroger sur la place et le rôle de la caméra dans sa capacité à transformer les sujets individuels et collectifs lorsqu’ils portent un regard sur eux-mêmes et sur la société. Il s’agit aussi de questionner le rapport entre la caméra et le groupe de parole par l’intervention du tiers –médiatiseur (le filmeur). Pour appréhender la façon dont l’outil vidéo façonne, influence la parole des participants d’un groupe, quatre axes de travail se détachent :1) comprendre les relations entre les groupes de parole, la caméra et le filmeur pour participer à un mouvement d’émergence du sujet et à une transformation de la société 2) réfléchir aux capacités de transformation d’un outil, comme la caméra, sur les acteurs, pour sortir du manque de considération ou de l’exclusion3) créer et renforcer les liens entre les participants au sein des groupes et entre les groupes, grâce à l’influence de l’outil vidéo4) partir de l’interdisciplinarité pour appréhender les questions de difficultés de dialogue.A travers ces quatre axes de recherche, le travail de terrain a consisté à comprendre la mise en place d’une médiatisation par des acteurs, confrontés au « diktat » de l’image, car ces mêmes acteurs perçoivent la caméra d'abord comme une occasion de paraître à « l’écran », plus qu’un moyen de débattre des préoccupations quotidiennes ou d’investigation sociologique. C'est pourquoi il faut s'appuyer sur la dynamique du groupe et de ses acteurs pour comprendre en quoi la caméra suscite une communication sociale, et permet aux groupes de parole de réfléchir et de se réfléchir. Mais aussi la question principale : en quoi l’utilisation de la caméra dans le groupe fait-elle évoluer la capacité des participants à "s’auto-analyser" pour aller vers une construction commune, une transformation sociale ?

  • Titre traduit

    The « automédiatisation », another form of social communication


  • Résumé

    The automediatisation, as another form of social communication, is an approach of “médiatisation” of speech groups through video image. In a context of distortion of social cohesion (unemployment, loneliness, withdrawal…), we should tackle the question of the place and of the role of video camera in its ability to transform individual and collective subjects when they look at themselves and at society. I also question the relationship between video camera and the speech group through the intervention of a mediating third party (the person who films). In order to apprehend the way the video skill shapes, influences the speech of the participants to a group, four research axis will be followed:- Understanding the relationships between speech groups, the video camera and the person who films, in order to participate to a movement of emergence of the subject and to a transformation of society- Thinking about the capacities of transformation of a skill, like the video camera, on the actors, in order to go out of the miss of consideration or of exclusion.- Creating and enforcing links between participants within groups and between groups, thanks to the influence of the video skill.- Using interdisciplinarity to tackle the subject of difficulties in dialog. Through these four research axis, field work consisted in understanding the implementation of a “médiatisation” by the actors, who were confronted to the “diktat” of image, as these very actors first perceived video camera as an occasion to appear “on screen”, more than a way to discuss their daily concerns or as a skill for sociological investigation. That is why I had to rely on the dynamics of the group and of its actors, so as to understand how video camera creates a social communication, and allows speech groups to think, and to think about themselves. But also the main question: how does the use of video camera in the group allow the development of participant’s ability to analyze themselves, and go towards a common construction, a social transformation?

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