À table : fonctions et représentations du repas dans la littérature naturaliste

par Carine Goutaland

Thèse de doctorat en Lettres et arts

Sous la direction de René-Pierre Colin.

Soutenue le 09-03-2012

à Lyon 2 , dans le cadre de École doctorale Lettres, langues, linguistique et arts (Lyon) , en partenariat avec Litterature, Representation et Ideologies aux XVIIIe-XIXe (laboratoire) .

Le président du jury était Olivier Bara.

Le jury était composé de Alain Pagès, Philippe Hamon.


  • Résumé

    Ce travail s’attache à explorer les représentations narratives et métaphoriques de la table chez des auteurs naturalistes français ou francophones, majores comme minores, dans le dernier quart du XIXe siècle. S’ils ne sont certes pas les premiers à représenter des personnages à table, ces écrivains abordent la thématique alimentaire d’une manière nouvelle, qui suscite nombre de réticences chez leurs contemporains. Accordant une place inédite aux repas dont le nombre et l’importance dans l’économie narrative ne cessent de croître, ils réinvestissent l’acte de manger de sa dimension physiologique et représentent la nourriture dans sa matérialité, jusque dans ses aspects les plus négatifs. La chère infecte et la dyspepsie font leur entrée en littérature, en un temps où le discours gastronomique chante l’hédonisme modéré de la table bourgeoise. Le motif du repas est donc un foyer idéologique permettant d’interroger le modèle alimentaire dominant. Mais il est aussi un champ d’expérimentation littéraire où se projettent et se modèlent les options esthétiques de l’écrivain, lequel apparaît comme un mangeur engagé dans un corps à corps tantôt harmonieux tantôt douloureux avec le réel. Image de la création artistique, le repas romanesque est à la fois le lieu nodal du projet matérialiste de restitution du réel, et celui où le naturalisme explore et dépasse ses propres limites.

  • Titre traduit

    “Dinner is served” : functions and representations of the meal in naturalistic literature


  • Résumé

    This work aims at exploring narrative and metaphorical representations of mealtimes in French or French-language naturalistic authors, whether they be considered major or minor, in the last quarter of the 19th century. Though they were certainly not the first to represent characters partaking in a meal, these writers approached the theme of food in a new way, and this was received with some reticence by their contemporaries. Attributing a new status to meals, the number and importance of which in the narrative grew continuously, they underlined the physiological dimension of the act of eating and represented food in its material dimension, to sometimes negative lengths. Rotten foodstuffs and dyspepsia arrived on the literary stage, at a time when gastronomic discourse was singing the praises of the moderate hedonism of the middle-class table. The motif of the meal was an ideological focal point enabling writers to question the dominant alimentary scheme of things. But it was also a field of literary experimentation where the aesthetic choices of the writer were projected and shaped, the writer appearing as an eater engaged in a sometimes harmonious, sometimes indigestible confrontation with reality. The novelistic meal is an image of artistic creation, both a central point of the materialistic project of the representation of reality and a space where naturalism explored and went beyond its own limits.

Autre version

Cette thèse a donné lieu à une publication en 2017 par Éditions Classiques Garnier numérique à Paris

De régals en dégoûts : le naturalisme à table

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