Aide publique, transferts des migrants et développement économique

par Yéro Baldé

Thèse de doctorat en Sciences économiques

Sous la direction de Philippe Darreau.

Soutenue en 2012

à Limoges .


  • Résumé

    Ce travail de thèse a pour objectif de discuter de la problématique du développement et de son financement. Nous avons montré qu’il y a des blocages au développement (trappes à pauvreté) liés à plusieurs facteurs dont notamment le manque d’épargne et de capital. L’aide publique et les transferts de migrants permettent théoriquement de sortir de ces blocages en augmentant l’épargne, donc le capital et la production au final. Mais cela n’est possible que si les apports en aide et transferts permettent de dépasser le revenu du seuil de consommation de subsistance mais aussi au moins le seuil de sortie de la trappe à pauvreté. La persistance de la pauvreté, ainsi que les montants d’aide toujours importants sont révélateurs de l’inefficacité de l’aide publique d’après la littérature. Les raisons de cette inefficacité résident dans la présence de multiples intérêts des donateurs, les détournements de l’aide, l’absence d’institutions favorables, les circuits d’allocations complexes et les bureaucraties, les problèmes d’incitations. Les transferts des migrants sont ainsi évoqués comme une nouvelle source de financement. La littérature montre que les transferts, même s’ils ont des effets négatifs, ne sont pas seulement consommés inutilement, mais sont sources de devises et contribueraient à financer l’éducation, la production agricole, l’investissement et biens d’autres domaines dans les pays en développement. Nos estimations économétriques montrent que l’aide publique et les transferts de migrants favorisent l’épargne et l’investissement, mais que les transferts sont plus efficaces que l’aide publique. En effet, les transferts seraient moins soumis aux jeux d’intérêts multiples dans lesquels évolue l’aide publique, les problèmes d’incitations seraient moins accentués. Les circuits d’allocation sont plus directs et moins complexes, comparés à l’aide publique pour laquelle la multiplicité des intervenants et la bureaucratie rendent coûteuse l’allocation et multiplient les problèmes principal-agent. Les transferts entrainent peu de détournements et arrivent directement à la population sans passer par des gouvernements, contrairement à l’aide publique qui passe par les gouvernements et dont une grande partie disparaît dans les circuits d’allocation avant d’atteindre les populations pauvres.

  • Titre traduit

    Foreign assistance, migrant remittances and economic development


  • Résumé

    Four chapters have been developed in this dissertation with the aim to discuss and analyze the issue of financing for development in poor countries. Foreign assistance and migrant remittances are the two financial flows we are interested in. In chapter 1 we discuss the problems of development and highlight the existence of poverty traps related to capital, saving, technology, demographics, human capital, skilled migration or brain drain institutions and financial system. In addressing these constraints, we analyze the theoretical contribution from external financing. We find that foreign assistance and migrant remittances can help receiving countries to get out of poverty trap by increasing income and then saving , capital therefore the final production. But this is only possible if the amounts of funds received exceed the income threshold of subsistence consumption but also exceed at least the poverty trap threshold. In chapter 2 we present the foreign assistance mechanisms and discuss its effectiveness. The growing importance of foreign assistance flows is indicative of its failure to help receiving countries getting out of the poverty trap. We identify several reasons that explain this failure : the inadequate use of the Harrod-Domar model, donors' interests, instutional weakness, complex delivery chain and channels, heavy bureaucracies, corruption and misappropriation of aid, incentive problems. Migrant remittances presented in chapter 3 are referred to as a complementary source of financing. With 338 billion of dollar sent by migrants in 2008, migration is no longer seen as source of poverty trap by reducing the stock ogf human capital in migrant origin countries. Migration, through remittances is now considered as source for capital development. Remittances are not only spent on subsistence consumption. They are also important source of foreign exchange and income for capital accumulation : investment, education and human capital accumulation. In chapter 4 we investigate empirically the effectiveness of foreign assistance and migrant remittances in promoting development. We find that these two financial flows are effective. However remittances are more effective than foreign assistance, because they are less constraint to donors' interests, bureaucracies, incentive problems, principal-agent problems corruption, and misappropriation. Remittances are directly received by people in needs and not by corrupt governments as it is the case for foreign assistance where a large amount is misapporpriated before reaching the population

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Informations

  • Détails : 278 f.
  • Annexes : Bibliogr.246-274

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  • Cote : MFT 12/LIMO/1016
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