L'eau, comme élément d'ambiance : le jardin persan, entre rareté et abondance.

par Arezou Shakouri

Thèse de doctorat en Aménagement

Sous la direction de Grégoire Chelkoff.

Le président du jury était Frédéric Poussin.

Le jury était composé de Grégoire Chelkoff, Henry Torgue.

Les rapporteurs étaient André Guillerme, Chris Younès.


  • Résumé

    L'eau anime un paysage particulier par ses qualités physiques et aussi par la vie et l'activité qu'elle apporte, où qu'elle se trouve, mais l'homme peut être confronté à un contexte de rareté ou d'abondance de cet élément fondamental selon les régions du monde. L'eau, pour ses qualités esthétiques et environnementales, est perçue comme une ressource précieuse. Par la relation perceptive, significative et symbolique qu'elle crée avec l'homme, elle inspire les concepteurs et les architectes qui se nourrissent de cette relation pour imaginer différents espaces ou monuments où le liquide et le solide s'allient ou se fondent. Avec les développements de la science moderne et la notion d'environnement durable, l'eau a été transformée en « H2O » comme une matière à consommer qui tendrait à perdre ses capacités sensibles. D'autre part, les menaces qui planent sur cette ressource du fait qu'elle devient rare, en font un enjeu majeur du futur. C'est pourquoi les éléments « naturels » comme l'eau méritent une attention particulière : ils constituent à la fois des facteurs constitutifs d'une ambiance et des domaines fondamentaux de gestion environnementale se rapportant à des problèmes écologiques de première importance. En ce sens, notre recherche vise à articuler une écologie des environnements physiques et naturels à une esthétique des ambiances architecturales et urbaines. Il en va ici du rapport entre le matériel et l'immatériel, question particulièrement importante dans le cadre d'une théorie des ambiances. Tenant compte de cette problématique de recherche, nous avons choisi le jardin persan, à l'origine « paradeiza » (paradis), pour étudier les relations sensibles à une ressource dans un contexte où elle est rare. Bien que ces « paradis » soient situés en contexte désertique, l'eau y joue un rôle fondateur et omniprésent et elle est traitée sous différentes formes et dispositifs. Ainsi, malgré sa ¨rareté¨ dans les régions arides - notamment dans les deux jardins étudiés au centre de l'Iran -, l'eau se révèle alors comme élément construit de l'espace aussi bien qu'élément « formant » de l'ambiance. Nous nous posons la question plus précisément de savoir comment se forme l'ambiance visuelle, sonore, thermique et dynamique à partir d'une quantité minimale d'eau disponible en ces deux jardins. On se concentre plus précisément sur la dimension plurisensorielle de l'eau qui éveille et fait interagir nos sens en considérant principalement les rapports entre la proportion quantitative d'eau utilisée et la qualité de l'ambiance. L'objectif de ce travail est de dégager les principes et les dispositifs architecturaux utilisant l'eau comme élément d'ambiance, d'imaginaire, de structuration spatiale et de support d'usage dans l'aménagement des jardins à l'avenir. Les méthodes mises en œuvre pour évaluer l'impact de l'eau dans la perception de l'ambiance des jardins ont consisté, dans un premier temps en des enquêtes à partir de la mémoire sensible et basées sur les souvenirs et les récits d'une dizaine visiteurs. Cela nous permet d'énoncer une première interprétation sur la mémorisation des ambiances en référence à l'eau. Deuxièmement l'observation des espaces et usages in situ nous aide à repérer les dimensions objectivables de la présence de l'eau. Enfin, nous avons recueilli in situ des commentaires de perception en mouvement auprès d'une vingtaine de visiteurs qui expriment certains effets sensibles et pratiques de l'eau dans le milieu du jardin.

  • Titre traduit

    Water, as an element of ambience : the Persian garden, between scarcity and abundance


  • Résumé

    Where water is found it animates a particular landscape by its physical qualities and also by the life and activities it brings forth, however man may be confronted with a context of both scarcity or abundance of this fundamental element in different regions of the world. Water is, for its aesthetic and environmental qualities, perceived as a valuable resource. Through the relation is has with man– perceptual, significant and symbolic – it inspires designers and architects who benefit from this relationship for imagining different spaces or monuments where the liquid and the solid combine or merge. With the developments of modern sciences and the notion of environmental sustainability, water has been turned into “H2O” as a material for use which tends to lose its sensory quality. On the other hand, the threats to this resource make it a major issue in the future. For that reason, "natural" elements such as water deserve special attention: they are both the constitutive elements of an ambience and also fundamental for environmental management in relation to environmental issues of primary concern. In this sense, our research aims at articulating an ecology of natural and physical environments for the aesthetics of architectural and urban ambiences. The research concerns the relationship between material and immaterial, questions of particular importance in the context of a theory of ambience. With respect to this problem of research, we have chosen the Persian garden, originally "paradeiza" (Paradise), to examine the sensory relationships of a resource in a context where it is scarce. Although these "paradises" are located in desert environment, water plays a fundamental and ubiquitous role and it is processed in different forms and devices. Thus, despite its “rarity” in arid regions – especially in the two gardens studied in central Iran – the water is revealed as an element for constructing the space as well as also an element “forming” the ambience. To be more specific, we ask about how visual, auditory, thermique, and dynamic ambiences are formed from a minimum amount of water available in these gardens. We focus on multisensory dimensions of water that awake and make our senses interact by considering mainly the quantitative relationship between the proportion of water used and the quality of the ambiance. The aim of this work is to identify the principles and architectural features using water as an element of ambiance, imagination, spatial structure and support of use in designing gardens in the future. The methods used to evaluate the impact of water on the perception of ambiance of the gardens consists of, in the first place, surveys concerning sensorial memory and based on the memories and narratives of the visitors. This allows us to formulate an initial interpretation of memories of ambiance in relation to water. Secondly, observations of spaces and uses in situ help us to identify the objective dimensions of the presence of water. Finally, we collect comments in situ of perception of motion with a score of visitors who expressed certain sensible effects and practical effects of the water in the gardens.

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