Politique économique et piège du sous-développement au Maroc.

par Nezha Yamani

Thèse de doctorat en Sciences économiques

Sous la direction de Rédouane Taouil.

Soutenue le 14-03-2012

à Grenoble , dans le cadre de École doctorale sciences économiques (Grenoble) , en partenariat avec Centre de recherche en économie de Grenoble (laboratoire) .

Le président du jury était Louis Job.

Le jury était composé de Rédouane Taouil, Rolande Borrelly, Abdessamad Saidi.

Les rapporteurs étaient Rémy Herrera, Hakim Ben Hammouda.


  • Résumé

    L’objet de cette thèse est de tester la pertinence de l’hypothèse du piège du sous développement, en montrant à travers les performances économiques, que la politique de désinflation a installé l’économie marocaine dans un équilibre bas. L’objectif est de mettre en évidence les effets restrictifs sur la croissance et l'emploi, de l'orientation de la politique monétaire et budgétaire. Le cadre conceptuel proposé découle des débats afférents à la règle versus discrétion, à l’indépendance et la crédibilité de la Banque centrale, à la soutenabilité budgétaire et un policy mix coopératif. L'évaluation du policy mix mis en œuvre avec rigueur depuis 1998, s’appuie sur l'articulation de cadres d’analyse issus des théories de la politique économique, de l'économie de la croissance endogène et de l'analyse en termes de capacités d'Amartya Sen. Deux axes de réflexion ont été élaborés. Le premier concerne le rattachement du concept de piège du sous développement à celui de la croissance molle constituant ainsi, les principales caractéristiques du régime de croissance en présentant les contraintes qui pèsent sur l’économie. Le second met l’accent sur l’évaluation du bien-être à partir des opportunités et des libertés offertes par les politiques publiques. Dans ce sens, il est question d’analyser les recoupements qui existent entre la politique économique, le bien-être social et les capacités. Ainsi, le premier des cinq chapitres de la thèse, traite des soubassements théoriques et des mécanismes sous-jacents qui ont guidé le décideur public dans le choix de sa politique économique. Les règles fixes en matière d'inflation et de limitation du déficit public, la coordination du réglage monétaire et de la gestion des finances publiques, l'indépendance de Banque centrale, les réformes structurelles entreprises ainsi que la priorité accordée à la stabilité macroéconomique, attestent et cautionnent les fondements néoclassiques de la politique économique. La recherche de la crédibilité monétaire à travers la règle fixe d'inflation de 2% a conduit à un renchérissement du coût du crédit. Le maintien des taux d’intérêt élevés est à l’encontre des intérêts des PME qui se trouvent pénalisées par le rationnement du crédit dont elles font l’objet. En matière budgétaire, la réduction du déficit public à 3% constitue une règle qui assure la maîtrise des finances publiques et soutient l’Institut d’émission dans sa lutte contre l’inflation. Le respect impératif de cette règle, quels que soient les chocs qui affectent l’économie, entretient les facteurs de blocage liés à la baisse de la demande et du revenu globaux. Le décideur public se prive ainsi, d'actions de redistribution et de régulation de la conjoncture susceptibles de limiter les disparités sociales. La politique de rigueur, de par le coût social qu’elle induit, limite la garantie des droits et des libertés. Le chômage des jeunes, les difficultés d’accès aux biens et services de base, la pauvreté, le sous emploi et l’analphabétisme constituent un manque de libertés et de droits qui restreint l’étendue des choix et des réalisations effectives. Il apparaît, en définitive, que le choix de la politique de rigueur axée sur des règles inflexibles, atteint assurément l’objectif de stabilité macroéconomique, mais au prix d’un déficit de croissance et de bien-être social. Les effets de la crise financière sur l’économie viennent confirmer la fragilité du système de croissance. Celle-ci a transité par des effets de revenus liés à la baisse de la demande externe à travers quatre canaux de transmission: le tourisme, les exportations, les transferts des résidents marocains à l’étranger et les IDE. Les taux de croissance enregistrés entre 2008 et 2010 restent faibles et l’emploi recule. L'impact de la crise met fin à l'illusion de résilience de l’économie et attire l’attention sur le fait qu’il existe une politique alternative axée sur la croissance et l’emploi.

  • Titre traduit

    Economic Policy and Underdevelopment Trap in Morocco


  • Résumé

    The aim of this research is to test the relevance of underdevelopment trap concept, by showing through the economic performance, that the policy of disinflation has installed the Moroccan economy in a low balance. The purpose is to highlight the restrictive effects on the growth and employment, the orientation of monetary and fiscal policy. The proposed conceptual framework derives from the debates related to the rule versus discretion, independence and credibility of the Central Bank, fiscal sustainability and a cooperative policy mix. The evaluation of the policy mix implemented with rigor since 1998 is based on the articulation of analytical frameworks from the theories of the economic policy, the economy of the endogenous growth and analysis in terms of capabilities of Amartya Sen. Two lines of thought have been developed. The first one involves the incorporation of the concept of underdevelopment trap to the sluggish growth thus constituting, the main characteristics of the system of growth in presenting the constraints on the economy. The second puts the evaluation of the welfare on the opportunities and freedoms offered by public policies. In this sense, it is necessary to analyze the inferences that exist between the economic policy, social welfare and the capabilities. These analyzes have mobilized multiple empirical data in order to assess the contradictory factors that prevent the economic activity from achieving its potential growth. Thus, the first five chapters of the thesis deals with theoretical foundations and the underlying mechanisms that guided the policy makers in the choice of its economic policy. The fixed rules in regard to inflation and the limitation of public deficit, the coordination of monetary setting and for the management of public finances, the independence of the Central Bank, the structural reforms as well as the priority given to macroeconomic stability, attest and endorse the neoclassical foundations of the economic policy. Seeking monetary credibility through the fixed rule of 2% inflation led to an increase in the cost of credit. Indeed, maintaining high interest rates is counter to the interests of SMEs which are penalized by the rationing the amount of credit that they are the subject. In budgetary matters, reducing the deficit to 3% constitutes a rule that ensures the control of public finances and supports the issuing institute in its fight against inflation. The imperative respect for this rule, regardless of the adverse shocks that affect the economy, maintains the factors of blocking linked to the decline in demand and the global income. Public Decision makers are thus deprived the shares of redistribution and to regulate their situation likely to limit social disparities. The strict policy limits the guarantee of rights and freedom because of its resulting social costs. Youth unemployment, the difficulties of access to goods and basic facilities, poverty, underemployment and illiteracy are a lack of freedom and rights that restricts the range of choice and achievements. The growth deficit feeds the social deficit and the extent of inequality strengthens it. It appears, eventually, that the choice of the strict policy focused on inflexible rules ensures, certainly achieved the objective of macroeconomic stability, but at the cost of low growth and welfare. The effects of the financial crisis on the economy just confirm the fragility of the system of growth. The latter has channelled through the effects of income related to the decline in external demand through four channels of transmission: tourism, exports, and transfers from Moroccan living abroad and the IED. The rate of growth recorded between 2008 and 2010 remained low and employment declined. The impact of the crisis puts an end to the illusion of resilience of the economy and draws the attention to the fact that there is an alternative policy focused on growth and employment.

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