La vertu du citoyen : Machiavel, Montaigne, Hobbes

par Jérémie Duhamel

Thèse de doctorat en Philosophie politique

Sous la direction de Luc Foisneau.

Soutenue en 2012

à Paris, EHESS.


  • Résumé

    Cette étude cherche à interroger la signification des références à la vertu du citoyen dans la pensée politique de Machiavel, Montaigne et Hobbes. On trouve chez ces trois auteurs des discours sur la vertu qui oscillent de façon caractéristique entre la critique de ses représentations classiques et une volonté de la redéfinir à nouveaux frais. Dans une perspective comparative, nous cherchons à montrer que cette oscillation a constitué un ressort rhétorique fondamental à travers lequel s’est articulé un nouveau mode de justification des vertus étayé sur deux principes indissociables. D’une part, les dispositions civiques ne sont plus évaluées à partir d’une hiérarchisation ontologique des biens, mais sur la base d’une représentation du mal souverain qui prend différentes formes : la domination politique chez Machiavel, la cruauté et la tyrannie chez Montaigne, et la guerre civile chez Hobbes. En résulte que la vertu civique n’est plus encouragée du fait qu’elle constituerait l’expression privilégiée de la vie bonne, mais parce qu’elle est jugée nécessaire pour prémunir le bien commun contre ces maux. D’autre part, ces discours cherchent à articuler une conception de la vertu avec une nouvelle représentation de l’égalité fondée sur l’idée d’une commune vulnérabilité. Cette thèse a pour vocation de montrer que se dessinent à l’horizon du tournant machiavélien des figures originales et concurrentes de la vertu civique qui désignent désormais les capacités ordinaires disposant l’individu à obéir aux exigences de la justice, de la paix et de la civilité.

  • Titre traduit

    ˜The œvirtue of the citizen : Machiavelli, Montaigne, Hobbes


  • Résumé

    This dissertation examines the meaning of the reference to the virtue of the citizen in the political thought of Machiavelli, Montaigne and Hobbes. In the work of these three authors, we find an array of discourses on virtue that vacillate between the critiques of its classical representations and calls to redefine it in relation with new requirements. Through a comparative approach, this study aims to show that those variations constitute a fundamental rhetorical device for delineating a new mode of justification for virtues that combines two related principles. On the one hand, this new approach no longer rests on an ontological hierarchy of ends, but instead on a representation of a sovereign evil that takes different forms: political domination for Machiavelli, cruelty and tyranny for Montaigne, and civil war for Hobbes. Thus, the civic virtues are no longer encouraged as an expression of the good life, but as an essential instrument for protecting the common good from those vices. On the other hand, these three discourses seek to articulate a conception of virtue with a new representation of equality based on the idea of a common vulnerability. This dissertation advocates that, at the wake of the Machiavellian turn, diverse and often conflicting attempts to present a new concept of virtue began to appear, which valued the ordinary attributes of individuals with an emphasis on peace, justice and civility.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (617 f.)
  • Annexes : Bibliogr. p.[571]-605. Index

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  • Bibliothèque : Université Sorbonne Nouvelle. Direction des Bibliothèques Universitaires. Section Censier.
  • PEB soumis à condition
  • Cote : TPE 2012-63
  • Bibliothèque : Fondation Maison des sciences de l'homme. Bibliothèque.
  • Disponible pour le PEB
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