Le discours du fou dans le récit romantique européen : (Allemagne, France, Russie)

par Virginie Mesnil-Tellier (Mesnil)

Thèse de doctorat en Lettres modernes

Sous la direction de Georges Zaragoza.

Le président du jury était Bernard Franco.

Le jury était composé de Jean-Louis Backès, Jean-Louis Cabanès, Joëlle Prungnaud.

Les rapporteurs étaient Roger Bozzetto, Karen Haddad-Wotling.


  • Résumé

    La thèse étudie les caractéristiques linguistiques, philosophiques et esthétiques du langage littéraire du fou à l'époque romantique. Elle porte sur Les Élixirs du Diable (Hoffmann, 1815), La Fée aux Miettes (Nodier, 1832), le Journal d'un fou (Gogol, 1835), La Sylphide (Odoïevski, 1837) et Aurélia (Nerval, 1855). D'autres récits sont convoqués plus ponctuellement, comme Les Veilles (Bonaventura, 1804) ou Louis Lambert (Balzac, 1832). Le fou est un être problématique : il est à la fois inférieur à l'homme sain et habité par une inspiration divine. Ce paradoxe trouve une actualité nouvelle dans la première moitié du XIXe siècle. D'une part, le développement de l'aliénisme tend à définir médicalement les pathologies mentales. D'autre part, la naissance de la littérature fantastique promeut la figure de l'artiste fou. Le fou, lorsqu'il prend la parole, interroge l'écriture autobiographique et redéfinit le moi, l'espace et le temps. Son discours présente des enjeux pragmatiques : le fou cherche à démontrer qu'il n'est pas fou, face à une société qui le condamne. Il cherche également à transmettre une vérité. Sa langue sert alors à décrire les forces mythiques qui traversent le monde et, peut-être, à le recréer. La notion de création est essentielle. L'âge romantique modifie la définition de la littérature, qui perd sa fonction représentative au profit d'une fonction purement langagière. Le discours du fou participe à la fondation de cette nouvelle esthétique : il l'instaure dans un geste critique qui interroge sa légitimité. Impossible et impensable, il incarne la « parole muette » (J. Rancière) que devient la littérature moderne.

  • Titre traduit

    The speech of the Madman in the European Romantic Narrative‎ : (Germany, France, Russia)


  • Résumé

    The thesis studies the linguistics, philosophy and aesthetics of literary language of the madman in the Romantic era. It focuses on The Devil's Elixirs (Hoffmann, 1815), The Crumb Fairy (Nodier, 1832), The Diary of a Madman (Gogol, 1835), The Sylph (Odoevsky, 1837) and Aurelia (Nerval, 1855). Other narratives are more promptly summoned, as The Night Watches (Bonaventura, 1804) or Louis Lambert (Balzac, 1832). The madman is a problematic being: he is both unhealthy and inhabited by a divine inspiration. This paradox finds a new relevance in the first half of the nineteenth century. On the one hand, the development of Alienism tends to define mental pathologies from a medical point of view. On the other hand, the birth of the Fantastic promotes the figure of the mad artist. The Madman, when he speaks, questions autobiographical writing and redefines the Self, Space and Time. His speech has pragmatic issues: the madman seeks to demonstrate that he is not mad, in a society which condemns him. He also endeavours to convey a truth. His language is then used to describe the mythical forces that travel the world and, perhaps, to recreate it. The notion of creation is essential. The Romantic era modifies the definition of literature, which loses its representative function in favour of a purely linguistic function. The speech of the madman takes part in the founding of new aesthetics: it creates it in a critical gesture that questions its legitimacy. Impossible and unthinkable, it embodies the "silent speech" (J. Rancière) that becomes modern literature.

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