Le management du territoire par le projet : des limites de l'instrumentation gestionnaire : le cas de la Guadeloupe

par Rosaire Gob

Thèse de doctorat en Sciences de gestion

Sous la direction de Yvon Pesqueux.

Le président du jury était Xavier Deroy.

Le jury était composé de Yvon Pesqueux, Xavier Deroy, David Autissier, Valérie-Inès de La Ville, Fabienne Alvarez, Fred Réno.

Les rapporteurs étaient David Autissier, Valérie-Inès de La Ville.


  • Résumé

    Le territoire est porté dans le débat public depuis les années quatre vingt à l’aune de la mise en place des politiques de décentralisation. Cependant depuis les années quatre vingt dix, les mutations des politiques publiques ont fait émerger un territoire tantôt support, tantôt outil de rationalisation de l’action collective au niveau local. Le territoire est appréhendé comme une construction (Gosse et Sprimont, 2008) au titre de laquelle l’appel à des acteurs multiples aux légitimités variées voire potentiellement conflictuelles (Mendez et Mercier, 2006) constitue un défi pour l’action collective territorialisée. Ainsi, la prévalence d’une lecture actantielle du territoire donne lieu à une interpénétration des espaces d’action où s’entrecroisent des enjeux économiques (avec l’emploi comme objectif privilégié), politiques (distribution des pouvoirs au niveau de l’espace local) et organisationnels (recherche d’une coordination optimale).Il en résulte qu’une forme d’hybridation [Berthet et al, 2002] est érigée comme modèle dans la conduite de l’action collective territorialisée en conviant à une action conjuguée les acteurs privés et publics avec la gouvernance comme méthode de conduite et de gestion des ressources territorialisées. La recherche d’un territoire « efficace » par le recours aux outils de gestion remet à jour la question territoriale dans un contexte de complexification de la démocratie et d’une visée performative de l’action publique. A ce titre, le projet de territoire constitue l’un des instruments emblématiques de la recherche de la mobilisation des acteurs territoriaux et de raffermissement démocratique dans une république désormais décentralisée. L’entreprise se trouve également au centre des parties prenantes conviées sur la scène territoriale.Cette imbrication posée entre la gestion et le politique, s’illustre par l’appel au management comme « allié naturel » pour mobiliser les nombreux acteurs convoqués. Il n’en demeure pas moins qu’une approche conceptuelle de la transposition au plan territorial du management, met en exergue des particularités, des points de tension. Ainsi, le management comme levier d’action collective territorialisée s’inscrit dans des registres paradoxaux qui contrarient la mise en compatibilité des espaces de la gestion et du politique.En nous appuyant sur l’exemple de la Guadeloupe, et recourant à la sociologie de la traduction, nous recherchons à montrer dans quelle mesure le projet peut être posé comme instrument de mobilisation et se déployer dans un cadre non hiérarchique.

  • Titre traduit

    The management territory by the project : the limits of instrumentation manager : the case of Guadeloupe


  • Résumé

    The territory is brought into the public debate since the eighties associated with the implementation of decentralization policies. However, since the nineties, public policy changes have given rise to a territory sometimes support, sometimes streamlining tool of collective action at the local level. The territory is seen as a construction (Gosse and Sprimont, 2008) under which the use of multiple actors with diverse legitimacy or sometimes potential conflict (Mendez and Mercier, 2006) is a challenge for collective action territorialized. Thus, the prevalence of an actantial reading of territory leads to an interpenetration of action spaces of intersecting economic issues (with employment as special purpose), political (distribution of powers to local space) and organizational (search for optimal coordination).It follows that a form of hybridization [Berthet et al, 2002] is built as a model for the conduct of collective territorialized action by inviting to a combined action private and public actors, with governance as a method of driving and managing territorialized resources. Looking for an “effective” territory through the use of management tools updates the territorial issue in the context of complexity of a complexification of democracy and of a performative target of public action. As such, the territory project is one of the emblematic instruments of territorial actors mobilization research and of democracy strengthening in a newly decentralized republic. The company is also at the center of stakeholders, invited on the territorial scene.This assumed interweaving between management and policy, illustrates itself by the call for management as "natural ally" in order to mobilize the actors many called. There remains that a conceptual approach that transposes management at the territorial level, highlights specifies and, critical points. Thus, management as a collective territorialized action lever, fits into paradoxical records that impede the compatibility between management and policy spaces.Drawing on the example of Guadeloupe and using the sociology of translation, we seek to show how the project can be posited as an mobilization instrument and deploy itself in a non-hierarchical framework.


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