La victime et l'observatrice face à la dénonciation d'une discrimination : quels facteurs modérateurs et quels coûts sociaux pour les femmes?

par Anne-laure Hernandez

Thèse de doctorat en Doctorat Psychologie

Sous la direction de Delphine Martinot.

Soutenue le 11-07-2012

à Clermont-Ferrand 2 , en partenariat avec Laboratoire de psychologie sociale et cognitive (Clermont-Ferrand) (équipe de recherche) .

Le président du jury était Fabio Lorenzi-Cioldi.

Le jury était composé de Dirk Steiner, Ewa Drozda-Senkowska, Sandrine Redersdorff, Fabrizio Butera.

Les rapporteurs étaient Dirk Steiner, Ewa Drozda-Senkowska.


  • Résumé

    De nos jours, la discrimination dont sont victimes les femmes a changé, mais elle n’a pas disparu. Si elle est devenue plus subtile, plus ambiguë, si elle ne s’expose plus aussi ouvertement qu’autrefois, cette discrimination n’en reste pas moins un problème d’actualité majeur. Un moyen significatif pour les femmes d’améliorer leur position désavantagée au sein de la société est de lutter contre cette discrimination et de la dénoncer. Pourtant, de nombreuses recherches ont mis en évidence que les femmes sont très peu susceptibles de dénoncer la discrimination dont elles sont victimes. L’explication majoritairement avancée dans la littérature est le jugement négatif auquel s’exposent les victimes qui osent dénoncer la discrimination qu’elles ont subi.Cette thèse vise à démontrer que la peur d’être jugées négativement, bien qu’elle puisse motiver les femmes discriminées à taire la discrimination qui les touche, n’est pas pour autant un obstacle inébranlable à la dénonciation de la discrimination. Dans ce but, nous étudierons principalement l’impact du sort commun intragroupe du point de vue de la victime de discrimination et de l’observatrice sur le jugement de la victime et les facteurs susceptibles de favoriser la dénonciation de la discrimination.Dans un premier chapitre, nous abordons les principaux obstacles à la dénonciation de la discrimination rencontrés par les victimes et notamment le jugement négatif émis par les individus sur ces victimes, y compris lorsque ces victimes sont membres de l’endogroupe. La peur de ce jugement négatif motiverait les femmes à minimiser publiquement la discrimination qu’elles ont subie, même en présence d’un membre de leur groupe. Dans un deuxième chapitre, nous nous attachons à démontrer qu’une femme ose tout de même dénoncer la discrimination dont elle est victime à une autre femme en situation d’observatrice, mais uniquement lorsque le contexte rend saillant un sort commun intragroupe avec cette observatrice, et à condition que la discrimination soit flagrante. Dans un troisième chapitre,nos résultats indiquent que ce contexte de sort commun révèle des motivations à la protection de soi chez l’observatrice, motivations qui se traduisent par une minimisation de la discrimination subie par la victime, mais aussi par un jugement particulièrement négatif de la victime si cette dernière dénonce la discrimination à l’observatrice. Dans un quatrième chapitre, nous démontrons que si la victime se plaint de la discrimination directement au perpétrateur de cette discrimination, cela favorise un jugement positif de la part des observatrices, d’autant plus si cette plainte a pour objectif de contrer la discrimination. Enfin, un bilan de ce travail et de nouvelles perspectives de recherche sont proposés.


  • Résumé

    Nowadays, discrimination against women has changed but has not disappeared. If it has become more subtle, more ambiguous, and is displayed less blatantly than before, discrimination is still a current and major problem. A significant way for women to improve their disadvantaged position in society is to combat and to claim this discrimination. However, many studies showed that women are not very likely to claim discrimination against them. In the literature, the explanation that is mostly propounded is the negative judgment toward victims who dare to claim the discrimination they faced.The aim of this dissertation thesis is to demonstrate that although the fear to be negatively judged may motivate discriminated women to remain silent, this obstacle to discrimination claim is not immutable. In order to achieve this aim, we mainly investigate the impact of within-group common fate on the points of view of both female victims and observers on the judgment of the victim. Factors likely to favor discrimination claim are also assessed.In a first chapter, we address the main obstacles to discrimination claim faced by the victims, such as the negative judgment of victims, including when victims are ingroup members. The fear of this negative judgment would motivate women to publicly minimize the discrimination they faced, even in the presence of an ingroup member. In a second chapter, we demonstrate that a woman nevertheless dares to report the discrimination she faced to a female observer, but only when the within-group common fate with this female observer is salient, provided that discrimination is blatant. In a third chapter, our results indicate that the common fate context makes self-protection motives of the observer salient, causing a minimization of the discrimination faced by the victim, but also a particularly negative judgment of the victim if she reports the discrimination to the female observer. In a fourth chapter, we demonstrate that a victim who complains about the discrimination directly to the perpetrator, is positively judged by female observers, all the more if the complain is aimed to counter this discrimination. Finally, an assessment report of this work and new perspectives of research are proposed.

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