Agentivité, modalités de contrôle et subjectivité

par Candace Veecock

Thèse de doctorat en Linguistique

Sous la direction de Henri Portine.

Le président du jury était Jean-Marie Merle.

Le jury était composé de Henri Portine, Jean Albrespit, Jacques François.

Les rapporteurs étaient Jean Albrespit, Jacques François.


  • Résumé

    En français, la construction se faire + infinitif montre une agentivité non prototypique (questionnement sur l’interprétation du rôle participatif qu’il convient d’attribuer au sujet animé : « Paul s’est fait donner un livre par Marie » suppose un contrôle de Marie sur le don et un contrôle partiel de Paul sur le déclenchement du don). Dans certaines tournures, ce contrôle sera diminué voire annulé (« Paul s’est fait voler sa voiture »). On étudiera aussi des périphrases verbales (se laisser+infinitif, se voir+infinitif, faire+infinitif) et des opérateurs causatifs en anglais (get, have). Get et se faire ont beaucoup en commun, y compris le fait que leur spécialisation dans le « désagréable » en tant que « passifs » s’avèrent être un développement récent. L’attribution de l’agentivité est une opération énonciative très importante. Notre conception du temps fait que nous assignons une causation à des événements. L’agentivité se distingue de la causalité par le fait qu’un animé (et particulièrement un humain) est identifié comme la cause ultime d’un événement. L’animé se voit alors attribuer formellement une intention, un contrôle et une télicité pour ses différentes actions. Il y a certes régulièrement un décalage cognitif par rapport à une agentivité prototypique. L’agentivité linguistique est de ce fait un concept complexe permettant des transferts de responsabilité entre agents effectifs ou potentiels à des degrés divers (cas de dédoublement de l’agentivité, cas de l’agentivité déléguée, etc.). L’agentivité se rapporte alors à l'inscription et à l’encodage linguistique de certaines opérations cognitives et énonciatives à la disposition d'un sujet énonciateur. Notre analyse utilise certains concepts de la théorie des opérations énonciatives de Culioli. L’apport d’un « principe informatif » (les développements récents de la théorie de l’« information packaging » de Vallduví ou de la « structure informationnelle » de Lambrecht) permet de détecter dans des constructions comme se faire+infinitif un rôle pragmatico-énonciatif en contraste avec la construction passive canonique en être. L’emploi de ces constructions reflète la gestion subjective et intersubjective de l’information, le processus d’enrichissement des connaissances du co-énonciateur par des informations relevant d’un positionnement ou de la prise en charge de l’énonciateur par rapport à son énoncé.

  • Titre traduit

    Agentivity, modalities of control and subjectivity


  • Résumé

    The attribution of agentivity is an important enunciative operation. Our conception of time leads us to assign causes to actions and events. Linguistic “agency” or agentivity can be distinguished from linguistic causality (or causativity) by the fact that an animate entity (generally human) can be identified as the ultimate cause of an action or event. Animate entities are formally accorded intention, control and telicity over their own actions. However there are regular cognitive shifts from prototypical agency. Agentivity is a complex concept often allowing differing degrees of agency and the transfer of agency between actual or potential agents (the doubling of agents, delegated agency, etc.). Agentivity refers to the ascription and linguistic encoding of cognitive and enonciative operations which are at the disposal of an utterer / enunciator. Constructions which show nonprototypical agentivity are thus of particular interest. French constructions such as se faire + infinitif, se laisser + infinitif, se voir + infinitif, faire + infinitif as well as English constructions with get and have are revealing. Here there is a question as to the interpretation of the participative role of the animate subject. In certain cases control can be attenuated or even cancelled. In fact, se faire and get constructions have much in common, including their recent specialization as passives which describe unpleasant circumstances. This work uses concepts from Culioli’s Theory of Enunciative Operations. The contribution of an informative principle (recent developments in linguistic theories of information such as Vallduví’s “information packaging” and Lambrecht’s “informational structure”) makes it possible to detect in constructions similar to se faire + infinitif, a pragmatico-enunciative role which can be distinguished from canonical passives. The use of these constructions reflects the subjective and intersubjective management of information and the process of enriching the knowledge of one’s interlocutor with information indicating stance and positioning.


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