L'inscription littéraire de l'Histoire chez Flaubert, des Oeuvres de jeunesse à Salammbô

par Hassen Bkhairia

Thèse de doctorat en Littératures française, francophones et comparée

Sous la direction de Francis Lacoste et de Kameleddine Gaha.

Le président du jury était Gisèle Séginger.

Le jury était composé de Francis Lacoste, Kameleddine Gaha, Mohamed Khlifi, Yvan Leclerc, Eric Benoit.

Les rapporteurs étaient Mohamed Khlifi, Yvan Leclerc.


  • Résumé

    Dans l’optique de Gisèle Séginger, ce travail s’interroge sur l’inscription littéraire de l’Histoire chez Gustave Flaubert, des Œuvres de jeunesse à Salammbô. L’étude des premiers écrits révèle les causes profondes de l’engouement de l’écrivain pour l’Histoire et met en évidence les motivations conjoncturelles, culturelles et personnelles, en particulier familiales, de cette représentation. Chez Flaubert, la poétique de l’Histoire dit la crise de l’Art et le divorce entre l’Artiste et son contexte intellectuel, social et politique. Après les premiers textes placés sous le signe de la dérision et du nihilisme, l’écrivain refuse de partager les préoccupations de son temps pour se consacrer à une quête essentiellement esthétique aboutissant à la définalisation de l’œuvre. « Athée politique », comme Sade dont il est l’héritier, Flaubert donne une image très critique de la monarchie mais dénonce aussi, à la manière de Tocqueville, les effets pervers de la démocratie qui conduit à l’uniformisation de la société et menace la liberté individuelle. Agnostique, il est fasciné par la splendeur de l’Antiquité et associe le christianisme à une forme de dégradation. Révolté contre la société, il dénonce les idées reçues, la morale et les valeurs bourgeoises. Le jeune Flaubert met en question toutes les doctrines politiques ou sociales et déconstruit l’historiographie. Son œuvre repose sur une vision shakespearienne et montre l’omniprésence du Mal et de la Mort. Anticonformiste et souvent ironique, elle s’inscrit, non sans provocation, à contre-courant de toutes les représentations (providentialistes, romantiques, rationalistes, positivistes) de l’Histoire au XIXe siècle.


  • Résumé

    Still within the scope of Gisèle Séginger’s study, this work questions the literary inscription of History in Gustave Flaubert’s works. It is more specifically concerned with those works ranging from his Oeuvres de jeunesse to Salammbô. The study of Flaubert’s early writings reveals the deep causes of the writer’s infatuation for History and shows the conjectural, cultural and personal – more particularly the family – motivations of such representation. In Flaubert’s writings, the poetics of History bespeaks both the crisis of Art and the divorce between the artist and his intellectual, social and political contexts. His early texts were placed under the sign of derision and nihilism, and then the author refuses to share his epoch’s preoccupations and seeks to an aesthetic quest leading to the unfinalizing of the work. As a “political atheist”, just like Sade, whom he is his heir, Flaubert draws a highly critical image of the French monarchy and denounces in Tocqueville’s way the perverse effects of a democracy that leads to society’s uniformity and threatens individual freedom. As an agnostic, he is fascinated by antiquity’s splendor and associates christianism to some form of decay. As a rebel against society, he denounces ready-made ideas and the bourgeoisie’s morality and values. The youthful Flaubert questions all the political or social doctrines and deconstructs historiography. His works, which are based on a shakespearean vision, show the ubiquity of both evil and death. Considered as anti-conformist and ironic, his works stand in a provocative way against all the nineteenth century’s representations of History whether they are providential or romantic or rationalist or positivist.

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