Matérialisations du souvenir en montagne : les enjeux identitaires des places et des placements

par Emmanuelle Petit

Thèse de doctorat en Géographie humaine

Sous la direction de Guy Di Méo.

Le président du jury était Isabelle Sacareau.

Le jury était composé de Michel Lussault, Vincent Veschambre, Patrick Baudry, Béatrice Collignon.

Les rapporteurs étaient Michel Lussault, Vincent Veschambre.


  • Résumé

    Cette thèse s’intéresse à un ensemble d’objets qui matérialisent différents types de souvenirs au sein des Alpes Occidentales. L’originalité de ces artefacts réside dans leur nature même : ils figurent tous l’idée de montagne sous diverses formes et pour différents motifs. Il s’agit tout aussi bien de monuments érigés au détour d’une rue ou sur une place centrale pour commémorer un exploit, une catastrophe ou l’oeuvre d’un homme en relation avec la montagne, que de stèles funéraires, profilées à l’image de sommets, érigées ça et là dans les cimetières, ou encore de plaques scellées à même le roc de la montagne.A partir d’une réflexion sur le façonnement de ces artefacts qui jouent avec la figure de la montagne, cette recherche interroge le rôle de l’espace dans les processus mémoriels et identitaires. Elle propose une lecture interobjective par l’identification, la spatialisation et la généalogie des différentes manières de mettre en scène le souvenir. Elle aborde également à partir de récits produits dans deux contextes spécifiques (Bessansen Haute-Maurienne (Savoie), Chamonix en Haute-Arve (Haute-Savoie)), selon une approche intersubjective cette fois, les relations que les hommes nouent avec ces artefacts, qu’ils vivent quotidiennement au contact de ces derniers ou qu’ils les contemplent de manière tout à fait occasionnelle. Cette démarche et ce terrain permettent de dégager les enjeux identitaires de la mise en visibilité des souvenirs et de souligner le rôle de l’espace dans ces processus.Cette thèse défend l’idée que les artefacts sont centraux dans l’établissement des rapports sociaux. Ils participent à la construction des mondes de chacun et jouent un rôle actif dans les relations à soi et à l’autre autour d’un ensemble de jeux d’échelles et de métriques. Les artefacts du souvenir seraient donc à la fois un ferment et un révélateur du fonctionnement identitaire de la société. Cette thèse vise alors à montrer qu’à partir d’un tout petit objet, il est possible de saisir de nombreux enjeux du fonctionnement de la vie en société, qui s’expriment entre autres par la recherche, l’octroi, la tenue, la défense d’une place. C’est en cela une invitation au développement d’une micro-géographie attentive aux individus, à ce qu’ils disent, à ce qu’ils font, et à ce qui légitime leur place, celle qu’ils veulent tenir et celle qu’on leur fait tenir, à travers les rapports sociaux qui se nouent et se dénouent autour de ces artefacts.

  • Titre traduit

    Materialising memory in mountains : place, placing and Identity


  • Résumé

    This PhD thesis considers objects materialising different kinds of memories in the Western Alps. Despite the great variety of these objects, they share a common specificity: they all enact the idea of mountain,through different shapes and for different reasons. They can be monuments along a trail, a road, a street or inthe middle of a central square in a city commemorating successful ascents, a mountaineering death, or the lifeof a mountain climber, or tombstones shaped like a mountain peak in a cemetery or commemorative plaques nailed on a mountains slope.Questioning the creation of such objects which are all designed in reference to the image of the mountain this research considers the role of spaces and places in identity-making and the process of remembering. I firstpresent an interobjective reading: identifying, spatializing and studying the genealogy of the different ways to showcase memory. Then I move on to an intersubjective reading: how do people in two specific contexts (Bessans in the Haute-Maurienne Valley, Savoie, France, and Chamonix, in the Haute-Arve Valley, Haute-Savoie, France) relate to these objects, whether they interact daily with them or only do so very occasionally ,when they happen to pass by them? This multi-face research method and the places where fieldwork took place have enabled me to understand the processes through which memory is made visible and the rolespaces and places play in such processes, as well as the identity issues linked to them.The central argument is that objects play a key role in the establishment of social relations. They helpto build inner-worlds and they play an active role in the relationships with oneself and with others, alongdifferent scales and different social relations to distance. Souvenirs, as objects of memory, are both the goadand the pointer to the production of identity in a society. From a very small object it is possible to graspseveral issues regarding how a society works, especially through the quest, the gift, the defence of a place.This PhD can be read as an invitation to develop a micro-geography attentive to individuals, to what they say, what they do, what legitimates their place ‑ the place they want to hold and the place they are put in ‑ and to the social relations that can fold and unfold through these objects.


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