Mise en récits et réévaluation de l'Art Déco des années soixante à nos jours

par Elodie Lacroix Di Meo (Lacroix)

Thèse de doctorat en Histoire de l'Art

Sous la direction de Dominique Jarrassé.

Soutenue le 03-07-2012

à Bordeaux 3 , dans le cadre de École doctorale Montaigne-Humanités (Pessac, Gironde) , en partenariat avec Centre François-Georges Pariset (Pessac, Gironde) (laboratoire) .

Le président du jury était Gilles Ragot.

Le jury était composé de Claude Massu, Jean-François Pinchon.

Les rapporteurs étaient Claude Massu, Jean-François Pinchon.


  • Résumé

    L’étiquette « Art Déco » apparaît au milieu des années 1960 pour désigner des créations mobilières et architecturales de l’entre-deux-guerres. Les contours donnés au style évoluent cependant considérablement au fil des années, si bien qu’il est possible de distinguer trois grandes vagues de discours.La première, centrée autour de la France et de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925, traite surtout du mobilier. Elle oppose souvent Art Déco et Modernisme et voit dans le premier le signe d’une société décadente, incapable de penser le monde de l’époque et de répondre à ses défis. L’Art Déco est condamné comme un prolongement anachronique du principe décoratif. Toutefois certains auteurs voient au contraire en lui « un dernier instant de bonheur ».La deuxième vague, essentiellement anglophone et américaine (alors que la première était plutôt italienne et française), repose sur une logique tout à fait différente. Apparaissant elle aussi dans les années 1960, elle accorde davantage de place à l’architecture. Elle fait de l’Art Déco une modernité alternative, un autre moderne, et rejoint les théories postmodernes qui se développent à partir des années 1970.La troisième, enfin, plus tardive, puisqu’elle commence dans les années 1980, se situe dans le prolongement de la deuxième. Elle se fonde sur les notions de malléabilité et d’hybridité et considère l’Art Déco comme une grammaire commune susceptible d’être adaptée dans des contextes très différents les uns des autres. Reposant sur un mouvement patrimonial puissant, elle s’observe aussi bien au sujet de Miami Beach que de Bombay/Mumbai ou Napier (Nouvelle-Zélande). Dans le monde francophone, cependant, cette approche de l’Art Déco reste relativement marginale et entre parfois en concurrence avec la notion d’architecture coloniale, même si des publications récentes portant sur Casablanca se situent indéniablement dans cette perspective.

  • Titre traduit

    Narrativization and reevaluation of Art Deco since the nineteen sixties


  • Résumé

    The "Art Deco" label appeared in the middle of the nineteen sixties to designate furniture and architectures from the interwar period. The style's outlines evolved considerably over time, and it is thus possible to distinguish three different waves of description.The first one is centered around France and the 1925 Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes, and focuses mainly on furniture. It often presents Art Deco and Modernism as two opposites, and views the former as the sign of a decadent society, unable to understand the realities of the period and face its challenges. Art Deco is condemned by most authors as an anachronistic prolongation of the decorative principle, while some, on the contrary, see it as a last "moment of happiness".The second wave is essentially anglophone and American (whereas the first one was mostly French and Italian) It also appeared in the nineteen sixties, and gives preeminence to architecture rather than artefacts. Its foundation is completely different from the first wave since Art Deco is viewed as the "other modern" or an alternative modernity, a new definition very much influenced by the developing postmodern theories.Lastly, the third wave, which is more recent, appears to be a prolongation of the second one. It is a based on notions such as hybridity or malleability and views Art Deco as a grammar which can be easily adapted in very different contexts. Powered by a strong heritage movement, it concerns places such as Miami Beach, Bombay/Mumbai or Napier (New Zealand). In the French speaking world, however, this approach remains relatively rare, and concurrent notions such as that of colonial architecture are often preferred, even though recent publications about Casablanca constitute an exception.

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