La peinture prise aux Lettres : ou comment définir une troisième structure visuelle en art

par Angélique Coatleven-Brun

Thèse de doctorat en Arts (Histoire, Théorie, Pratique)

Sous la direction de Hélène Sorbé.

Le président du jury était Nathalie Reymond.

Le jury était composé de Dominique Dussol.

Les rapporteurs étaient Nathalie Reymond, Dominique Dussol.


  • Résumé

    La présente recherche s’attache à mettre en relief l’un des aspects particuliers de l’art : la peinture.Il s’agit, à la suite d’une pratique personnelle cultivée depuis plu¬sieurs années et explorant les relations complexes entre expression plastique et intégration de la lettre écrite, de réfléchir sur l’entité singulière qu’est l’écriture.C’est alors que, conjuguant le travail plastique et le travail de recher¬che, se conduit cette étude dont l’objectif se fonde et se développe autour de la question des rapports texte/image au sein des œuvres peintes traversant et construisant l’ensemble de l’histoire de l’art occidental.En 1924, l’artiste Paul Klee (1879-1940) déclare :« Ecrire et dessiner sont identiques en leur fond » . Un cloisonnement entre les disciplines littéraires et pictu¬rales fait néanmoins foi depuis des siècles et ce malgré l’étymologie commune des ter¬mes « écrire » et « dessiner » formulée à partir du mot grec grapheïn . Mais, au regard des pratiques artistiques menées par les cubistes, tels le po¬choir ou le papier collé, par les futuristes, tel le bouleversement des co¬des de composition et de mise en page, par Dada, telle la destruction du langage, par les surréalistes, telle l’« écriture automatique », par les lettristes, telle la prise en compte de la singularité de la lettre même, et par l’Art conceptuel envisageant l’écrit comme une matière à l’œuvre, nous voyons que les liens tissés entre le domaine iconique et le domaine textuel se renou¬vellent cons¬tamment et mérite un examen approfondi.Ainsi, notre recherche organise et analyse les différents usages concédés à la lettre par l’univers pictural. Elle met en valeur son intégration, son implication, son évolution et sa résonnance dans le champ visuel. La tra¬duction des modalités plastiques de l’écriture, après l’observation d’œuvres contemporaines comme celles de Jenny Holzer, de Claude Closky ou de Ta¬nia Mouraud, fait émerger l’indice d’une nouvelle organisation actuelle des codes graphiques qui, après le règne de la figuration et celui de l’abstraction en art, explore le graphème comme une matière picturale première et à part entière. Paul KLEE, Théorie de l’art moderne, Gallimard, Paris, (1956), 1998, p. 58. Bruno DUBORGEL, Figures du grapheïn, Publications Universitaires de Saint-Etienne, Saint-Etienne, 2000, pp. 11-12. « Grapheïn… A/ Primitivement, égratigner, écorcher… B/ Par suite, tracer des signes pour écrire ou pour dessiner, d’où : I/ Graver… II/ Ecrire… […] Le verbe graphô est attesté depuis Homère. Sens : “érafler” (Cf. Iliade 17, 599), tracer, dessiner, écrire, d’où rédiger un décret, etc. », extraits du Dictionnaire Grec-Français d’André Bailly (16e édition, Hachette, Paris, 1950) et du Dictionnaire étymologique de la langue grecque de Paul Chantraine (Histoire des mots, Klincksieck, Paris, 1968).

  • Titre traduit

    The painting taken in letters : or how perceive the third visual structure in art


  • Résumé

    It’s a question of one of peculiarities of art : the painting.It’s a question, following a personal practice cultivated for many years and investigating the complex relations between plastic expression and integration of the written letter, of reflecting about the singular entity that is the writing.It’s then that, conjugating the plastic work and the research work, behaves this study which the objective establishes and develops around the question of relationships text/picture within the painted works crossing and building the whole western art history.Everything begins with the proverb thrown, in 1924, by the artist Paul Klee (1879-1940) declaring that :« To write and to draw are identical in their bottom » .A subdivision between the literary and pictorial disciplines been va¬lid for centuries and it in spite of the common etymology of the terms « to write » and « to draw » formulated from the greek grapheïn word. Neverthe¬less, towards the artistic practices led by the cubists, such the sten¬cil or the stuck paper, by the futurists, such the upheaval of the codes of composition and layout, by Dada, such the destruction of the language, by the surrealists, such the automatic writing, by the lettrist, such the conside¬ration of the visual peculiarity of the letter, and by the Conceptual art envisaging the paper as subject in the work, we see that the links weaved bet¬ween the iconic domain and the textual domain are constantly renewed and deserve a detailed examination.So, our research organizes and analyzes the various practices granted literally within the pictorial universe. It considers its integration, its impli¬cation, its evolution and its resonnance in the field of vision. The translation of the pictorial modalities of the writing, after the observation of works contemporary as those of Jenny Holzer, Claude Closky, Tania Mouraud, brings to the foreground the indication of a new current organization of the graphic codes which, after the reign of the representation and that of the abstraction in art, investigates the grapheme as the first and full pictorial subject. Paul KLEE, Theory of the modern art, Gallimard, Paris, (1956), 1998, p. 58. Bruno DUBORGEL, Figures of the grapheïn, University Publications of Saint-Etienne, Saint-Etienne, 2000, pp. 11-12. « Grapheïn… A/ Primitively, graze, skin… B/ Following, to draw signs to write or to draw, from : I/ Graze… II/ to write… […] The graphô verb is attested since Homère. Sense : « scratch » (Cf. Iliade 17, 599), to draw, to write, where from to draft a decree, etc. », extracted from the André Bailly's Greek-French Dictionary (16th publishing, Hachette, Paris, 1950) and of the Etymological Dictionary of the Greek language of Paul Chantraine (History of the words, Klincksieck, Paris, 1968).


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