Insight et qualité de vie subjective dans la shizophrénie : rôles des facteurs interpersonnels

par Helene Tastet

Thèse de doctorat en Sociétés, Politique, Santé publique. Psychologie

Sous la direction de Jean Bouisson.

Le président du jury était Jean-Michel Mazaux.

Le jury était composé de Jean Bouisson, Pascal Antoine, Antoinette Prouteau, Stephane Raffard, Hélène Verdoux.

Les rapporteurs étaient Henri Chabrol, Nicolas Franck.


  • Résumé

    Dans la partie introductive (Partie A), le Chapitre 1 présente la schizophrénie et la prise en compte encore rare de la qualité de vie subjective dans cette population. La fiabilité de l’appréciation subjective de la qualité de vie a longtemps été critiquée compte tenu des fréquents troubles de l’insight relevés dans cette population. Ce chapitre souligne un paradoxe, où, d’un côté, les politiques d’empowerment encouragent l’intégration du sujet comme acteur de sa prise en charge, alors que, d’un autre côté, les troubles de l’insight peuvent limiter voire empêcher l’engagement thérapeutique.Le Chapitres II et III présentent les conceptualisations classiques de l’insight clinique dans la schizophrénie (définitions, évaluations, modélisations). Parmi les modélisations classiques, les prédicteurs sont essentiellement personnels (ex. ressources cognitives) et cliniques (symptômes). Les travaux ont progressivement intégré des variables modératrices ou médiatrices, n’ayant pas toujours relevé de relation directe entre ces facteurs classiques et l’insight. Cependant, les modélisations tiennent essentiellement compte des capacités propres au sujet, en omettant de relever le processus éminemment interactif en jeu dans l’insight ou dans son évaluation. Le Chapitre IV présente les études ayant porté sur les relations entre insight et certains indicateurs centraux du soin. Ce chapitre permet de situer le débat encore vif autour de la balance potentielle bénéfices/coûts d’une intervention thérapeutique centrée sur l’insight. Là encore, les résultats des études demeurent contradictoires. Ils laissent supposer que les facteurs interpersonnels pourraient apporter des informations cruciales pour préciser les conditions d’une intervention centrée sur l’insight. Le Chapitre V décrit les quelques études internationales sur l’insight ayant inclus des facteurs interpersonnels. Seules les caractéristiques personnelles impliquées dans les relations interpersonnelles (cognition sociale) ont été étudiées comme variables explicatives de l’insight. Les caractéristiques de l’environnement proche impliquées dans les relations interpersonnelles ont été partiellement interrogées afin d’expliquer les relations insight-corrélats cliniques. Plus rares encore sont les études ayant porté sur les variables interpersonnelles expliquant les relations insight et qualité de vie subjective. Le Chapitre VI présente les deux objectifs de cette thèse. Dans le cadre d’une étude transversale, il s’agissait d’explorer la pertinence de l’inclusion de facteurs interpersonnels i) dans les modèles explicatifs de l’insight, et ceci selon le mode auto ou hétéro-évaluatif ; ii) dans l’explication des relations insight et qualité de vie subjective. La Partie B décrit en détail la méthode utilisée, avec la procédure et les différentes analyses réalisées afin d’explorer ces questions. La Partie C présente les caractéristiques de l’échantillon constitué et les résultats significatifs aux différentes analyses conduites, en les resituant face aux recherches internationales. Les facteurs interpersonnels permettent d’améliorer la qualité des modèles classiques de l’insight, quelle que soit la méthode d’évaluation (auto versus hétéro-évaluation). Cependant, les facteurs interpersonnels isolés sont différents pour chacune de ces méthodes. Enfin, les résultats suggèrent que certains facteurs interpersonnels modèrent la relation insight-qualité de vie subjective. La Partie D discute les résultats principaux de cette thèse, en insistant sur les limites de la recherche et les perspectives qu’elles ouvrent en conséquence. Quatre points d’intervention spécifique autour de l’insight sont développés, chacun propre à considérer et intégrer les facteurs interpersonnels comme leviers thérapeutiques.

  • Titre traduit

    Insight and subjective quality of life in schizophrenia : the role of interpersonal factors


  • Résumé

    In the Part A, the Chapter 1 presents schizophrenia and the subjective quality of life, rarely considered in this population. The reliability of subjective quality of life assessment has been frequently criticized because of the frequent lack of insight in schizophrenia. This chapter highlights the following paradox. On one hand, the empowerment policies induce the consideration of the subject as playing an active role with regard to the treatment that they receive, whereas, on the other hand, the lack of insight can limit or prevent therapeutic engagement. Chapters II and III present classical conceptualizations of clinical insight in schizophrenia (definition, assessment, models). Among the classical models, predictors of insight have been mostly investigated in terms of personal (e.g. cognitive resources) and clinical factors (symptoms). These studies have gradually integrated moderating or mediating factors since data about linear relationships between insight and classical factors were inconsistent. However, models are essentially based on the subject abilities, without taking into account the interactional process involved in insight. The Chapter IV presents studies investigating associations between insight and clinical outcomes. This chapter highlights the debate still active on the cost/benefit potential balance of a therapeutic intervention focused on insight. Here again, consensus is lacking. Interpersonal factors might also give crucial information to define more thoroughly the conditions of interventions focused on insight. The Chapter V describes the few international studies dealing with insight and interpersonal factors. Only personal characteristics involved in interpersonal relationships (e.g. social cognition) have been studied as predictors of insight. The close environment characteristics that are involved in interpersonal relationships have been partially questioned in order to explain relationships between insight and clinical outcomes. Very few studies have been focused on interpersonal variables that could explain relationships between insight and subjective quality of life. The Chapter VI presents the two main objectives of this work. Through a cross-sectional study, we explored whether including interpersonal factors i) in explanatory models of insight, ii) in explanation of relationships between insight and subjective quality of life could be relevant. The Part B gives details about the method, the procedure and the different analyses that have been conducted in order to explore these questions. The Part C presents sample characteristics and significant results of analyses. These results are compared to those of international research. Interpersonal factors significantly improved the quality of classical insight models, whatever the assessment method (self-reported versus expert-rated insight). However, depending on the assessment method, distinct interpersonal factors were identified. Finally, results suggest that several interpersonal factors moderate the relationships between insight and subjective quality of life. Finally, the Part D discusses the main results of this work, insisting on the limits of the present research and giving some perspectives for future research. Four points for clinical interventions on insight are developed, each integrating interpersonal factors as therapeutic lever.

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