Haec est logica nostra : le concept de ressemblance dans la pensée de Bonaventure.

par Laure Solignac (Guidault)

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Joël Biard.

Soutenue le 02-02-2011

à Tours , dans le cadre de École doctorale Sciences de l'homme et de la société (Tours) , en partenariat avec Centre d'études supérieures de la Renaissance (Tours) (équipe de recherche) .

Le président du jury était Ruedi Imbach.

Le jury était composé de Emmanuel Falque, Olivier Boulnois.

Les rapporteurs étaient Tiziana Suarez-Nani.


  • Résumé

    Comment définir la déroutante pensée de Bonaventure ? Étienne Gilson y voyait à l’œuvre une « logique de l’analogie », tandis que Hans Urs von Balthasar la présentait comme une « monadologie sans harmonie préétablie ». Dans les deux cas, c’est l’expressionnisme du Docteur séraphique qui se trouve mis en valeur : les créatures représentent leur Créateur par tout leur être, et le Créateur lui-même exprime ses créatures. Toutefois, cet expressionnisme universel et divin n’est que la face visible d’une structure dynamique et tripartite plus vaste que l’on peut appeler, en s’appuyant sur d’importantes déclarations de Bonaventure, la logique de la ressemblance. S’émancipant des restrictions et des interdits dionysiens et augustiniens, Bonaventure a étendu le champ sémantique et conceptuel de similitudo en réunissant sous ce vocable toutes les entités « mineures », c’est-à-dire tous les êtres dépendant radicalement d’une origine qu’ils expriment et vers laquelle ils reconduisent ou sont reconduits : le Fils, les créatures images, les créatures vestiges, les espèces sensibles, etc. Dans ce dispositif dont l’homme et le Christ occupent le centre, c’est la réconciliation du ciel et de la terre, de Dieu et du monde, de la théologie et de la métaphysique, que Bonaventure donne à voir.

  • Titre traduit

    Haec est nostra logica : the concept of ressemblance in Bonaventure's tought


  • Résumé

    Bonaventure’s puzzling thought seems to challenge any attempt to define it. Étienne Gilson saw it as a « logic of analogy », while Hans Urs von Balthasar summed it up as a « monadology without preestablished harmony ». Both of them thus emphasize the seraphic Doctor’s expressionism : each creature represents its Creator through its whole being, and the Creator himself expresses his creatures. However, this universal and divine expressionism is but the visible side of a dynamic and threefold structure that we suggest to call, according to several Bonaventure’s important texts, the logic of resemblance. Liberating himself from Dionysian and Augustinian restrictions and proscriptions, Bonaventure broadened the semantic and conceptual field of similitudo by gathering in this noun all « minor » entities, i.e. all beings that completely depend on an origin that they express and towards which they lead or are led back : these are the Son, the image creatures, the vestige creatures, the sensible likenesses (species), etc. Throughout this device, whose center is occupied by the human being and Christ, Bonaventure makes us see the reconciliation of heaven with earth, of the world with God, of theology with metaphysics.

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