La femme et la satire : étude sur le corps féminin et les femmes dans la caricature de mœurs à Madrid (1864-1894)

par Isabelle Mornat

Thèse de doctorat en Espagnol

Sous la direction de Marie-Linda Ortega.

Soutenue le 30-09-2011

à Toulouse 2 , dans le cadre de Ecole doctorale Arts, Lettres, Langues, Philosophie, Communication (Toulouse) .

Le jury était composé de Jean-François Botrel.

Les rapporteurs étaient Marie-Aline Barrachina, Gloria Espigado Tocino.


  • Résumé

    La caricature de mœurs fait définitivement son apparition à Madrid dans Gil Blas. Elle s'empare d'abord de la question féminine en se penchant sur la différence des corps. Les caricaturistes dénoncent les apparences fallacieuses du corps de la bourgeoise dans un déshabillage qui met en perspective un discours masculin sur les dépenses associées aux toilettes et livre un discours en creux sur la condition masculine à travers la critique du mariage. Le corps des femmes des classes populaires est marqué par le travail, la précarité, la vulnérabilité, la solitude. Autant de circonstances qui font planer le danger de l'entrée dans la prostitution, signifiée aussi par la ritualisation du corps empruntée à la silhouette de la cocotte. La caricature de mœurs s'oriente vers le terrain de l'érotico-festif en multipliant les figures de cocottes boulevardières. Celles-ci manifestent le nouveau statut de l'image commerciale de la femme. L'épaisseur sociale du corps féminin disparaît. Aux scènes de séduction où le caricaturiste déjoue le jeu hypocrite du marché de la chair, succède une représentation de la séduction de l'image. La prééminence de la cocotte manifeste l'avènement des nouveaux usages de la consommation. Dans la pluralité des images de la femme qui circulent dans la deuxième moitié du siècle, les caricatures diffusées massivement occupent une place décisive.

  • Titre traduit

    Women and satire : study about feminine body and women in moral caricature in Madrid (1864-1894)


  • Résumé

    Moral caricature definitely appears in Madrid in Gil Blas. It first focuses on the question of woman, scrutinising bodily differences. Caricaturists denounce the deceptive appearances of the bourgeois female body and uncover the male discourse about the spending on garments. Thus they indirectly offer a discourse on the male condition, through criticising marriage. The body of lower-class women is affected by work, precariousness, vulnerability and loneliness –circumstances meaning that the danger of prostitution is ever present. Prostitution is also indicated by the ritualisation visible in the body of the cocotte. Moral caricature becomes both erotic and humorous while showing more and more streetwalkers, who embody the status of the commercial image of woman. The social dimension of the female body disappears. Seduction scenes in which the caricaturist unveils the hypocrite game of the commerce of flesh are replaced by images which seduce. The predominance of the cocotte ushers in new habits of consumption. Among the many diverse images of woman that circulate in the second half of the 19th century, massively diffused caricatures play a decisive role.


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