L’Europe et la Russie, vers un concept commun de sécurité : De la confrontation au partenariat

par Aurel Kistruga

Thèse de doctorat en Relations stratégiques et internationales

Sous la direction de Yves Jeanclos.

Soutenue en 2011

à Strasbourg .


  • Résumé

    Les rapports Europe-Russie ont toujours attiré de grands esprits. Chaque étape de sa traversée historique – tsariste, communiste ou actuel cheminement démocratique – la Russie a été observée, et jugée en Europe occidentale, mais elle préserva toujours sa part de mystère, énigme d’un immense espace inexploré. Paix ou guerre, coopération ou hostilité, agissant en amies, rivales ou en ennemies avec une opposition idéologique sans précédent incarnée par l’« équilibre de la terreur », les deux protagonistes, l’Europe occidentale et la Russie, ont toujours affirmé, chacune à sa manière, leur l’intérêt pour la stabilité et la sécurité du continent européen. Les bouleversements suivant 1989 ont généré de nouvelles dynamiques en relations internationales. La métamorphose profonde de l’espace postcommuniste a soulevé la question d’une nouvelle architecture de sécurité en Europe. Est-ce que l’Occident exprima une volonté de partager avec la Russie la responsabilité de la gestion des affaires continentales et quelle place lui fut réservée ? Après son déclin à l’époque Eltsine, la Russie de Poutine tenta reconstruire son identité et de retrouver son statut de puissance mondiale. Dans quelle mesure les contradictions, les crises et les malentendus ont pu altérer la coopération et le partenariat entre les structures euroatlantiques et la Russie ? Notre recherche a essayé d’apporter des réponses à ces interrogations. Après avoir étudié les fondements politiques et philosophiques du concept de sécurité dans les traditions occidentale et russe dans notre Première partie, leur évolution dans l’Europe de la Société des Nations et dans la Russie bolchévique a été examinée dans notre Deuxième Partie. L’opposition entre deux conceptions fut amplifiée par la guerre froide. Le monde divisé en blocs, avec d’idéologies comme langage et symbole, n’a jamais pu constituer d’espaces de délibération commune de sécurité. La Troisième Partie est consacrée au concept de sécurité à l’ère « postbipolaire », marquée par le désir d’édifier une nouvelle Europe de démocratie, de paix, d’unité et de sécurité. On peut affirmer que la coopération et le partenariat Europe-Russie ont apporté des améliorations sensibles à l’environnement sécuritaire européen. L’interdépendance a modifié en profondeur le concept de sécurité, qui relevait d’une prudente gestion de biens et de valeurs communs transcendant les frontières. En conséquence, la Russie est désormais ancrée au jeu de la délibération collective, de compromis et de coopération visant à réduire les incertitudes et ajuster les besoins communs de sécurité. Mais une conclusion s’impose : l’Occident n’a pas agréé un mode de totale parité avec la Russie, tandis que la dernière, après avoir subi les « rites d’initiation », se garde toujours de se socialiser aux valeurs dominantes. En ce sens, ces deux acteurs internationaux n’ont pas épuisé toutes les possibilités de bâtir par une pratique affinée de coopération et de partenariat durable, fondée sur un concept commun de sécurité.

  • Titre traduit

    Europe and Russia, towards a common concept of security : from the confrontation to the partenership


  • Résumé

    Europe-Russia relations have always attracted great minds. It is known that during its historical voyage Russia has experimented greatly – communism, tsarist, even the current democratic ambition – yet, it has still preserved its part of mystery, while unexplored territory still remains. Peace or war, cooperation or hostility, acting as friends, opponents or enemies, with unprecedented ideological disagreements exaggerated by the “balance of terror”, both protagonists, Western Europe and Russia, have always affirmed their specific interest in ensuring stability and security on the European continent. The turbulences following 1989 brought new dynamics to international relations. The transformation of the post-Communist civilization, including Russia, raised the question about the future structure of European security. Did the West express an interest in sharing the management of affairs of the European continent with Russia and what part did it leave to Russia? After the political and military decline during the Yeltsin years, Putin's Russia attempted to reconfigure its identity and regain its status as a global power. Could the contradictions, disasters and the numerous misunderstandings alter the cooperation and partnership between the Euro-Atlantic structures and Russia? This research is an attempt to answer these questions. After having researched the philosophical and political foundations of the concepts of security in Western and Russian traditions in the first part, their development during the League of Nations Europe and Bolshevik Russia we have considered in the second part. The opposition of the two concepts was amplified with the Cold War. As the world was divided into blocks, with language and symbols based ideologies, it was not possible to build a common space to discuss about a common security concept. The third part is dedicated to the concept of security following the “postbipolar” era, characterized by the wish to build a new Europe of democracy, peace, unity and security. Accordingly, the joint Cooperation and Partnership between Europe and Russia has made significant improvements to the general situation of security within the European security environment. The interdependence between the two has deeply changed the concept of security, becoming part of a cautious transnational management of shared values. As a result, Russia is now firmly established amid the game of collective deliberation, compromise and cooperation to reduce uncertainty and adjust the common needs of security. However, it must be concluded that the West has not agreed upon a total parity approach towards Russia, while the latter, after having gone through “initiation rites”, is careful to always socialize with mainstream values. In this respect, both of these international actors have not exhausted all possibilities to build a refined practice of cooperation and lasting partnership based on a common security concept.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (661 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 583-657

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  • Cote : GM1311-2011-21
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