Le social et le politique : apport et limites de la pensée d'Hannah Arendt, dans le contexte de l'Amérique latine

par Gerardo Nieves

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Gilbert Vincent.

Soutenue en 2011

à Strasbourg .

  • Titre traduit

    Social and politics : Hannah Arendt contributions and thinking limits, within the context of latin America


  • Pas de résumé disponible.


  • Résumé

    Nous nous sommes particulièrement attachés à la façon de penser d’Hannah Arendt en matière de théorie politique. Une pensée qui éclaire et propose une alternative par rapport aux situations acosmiques de certains systèmes politiques autoritaires et totalitaristes de l’époque nazie, ainsi qu’à celles de l’Amérique latine, surtout pendant les régimes militaires. C’est pour cette raison que notre travail de recherche s’adresse avant tout aux personnes d’Amérique latine, car dans la plupart des universités de notre continent, la pensée politique d’Hannah Arendt est peu connue. En même temps, nous aimerions également présenter des auteurs qui y sont presque inconnus, tels que Saint-Simon, Pierre Leroux et Charles Renouvier, par exemple. Après la conquête espagnole, de nombreuses théories politiques et sociales se sont adaptées au milieu latino-américain. Actuellement, certains pays comme le Chili, l'Uruguay, le Brésil, l'Argentine et le Mexique se distinguent par un bon développement économique. Ils ont cependant traversé des époques très difficiles, surtout pendant les dictatures militaires, époques où des milliers de gens ont dû quitter leur pays d'origine pour aller trouver refuge ailleurs. Des pays comme Cuba sont encore en proie au rêve du paradis socilaiste ; d'autres, tels le Venezuela, l'Equateur et la Bolivie, sont en train de changer leurs lois pour centraliser le pouvoir. De toute manière, le peuple subit d'importantes difficultés sociales et économiques, souvent liées à l'absence de travail ; mais en même temps, les gens ont besoin de liberté politique. La théorie politique d'Hannah Arendt nous emble d'une extrême importance, dans la mesure où elle nous apporte une éclairage précieux sur la situation politique de l'Amérique latine. Les pays latino-américains, en effet, ont connu également des dictatures totalitaires, des camps de concentration, bref, la disparition du monde commun. La pensée d'Hannah Arendt constitue, selon P. Ricoeur, "une résistance et une reconstruction". Mais si elle éclaire bien le paysage politique de l'Amérique latine, cette théorie reste "utopique" et pas entièrement pertinente pour notre situation assez complexe ; ce que signale la méfiance chez Arendt, à l'égard des réalités socilaes, économiques et religieuses. Ainsi pour H. Arendt, le travail, le commerce, l'industrie, la famille, l'amour et la charité n'ont pas de durabilité et ne font donc pas partie de la communauté politique. Afin d'"éclairer et compléter" cette situation, il nous a semblé nécessaire d'examiner la pensée de Saint-Simon, de Pierre Leroux et de Charles Renouvier. Malgré la grande distance chronologique entre les oeuvres de ces auteurs, on peut établir des rapports de proximité et montrer quel enrichissement théorique ils peuvent fournir à quiconque veut améliorer ses connaissances de la réalité latino-américaine. H. Arendt est entièrement favorable à l'idée que l'opinion citoyenne se développe dans l'espace politique-public ; pour Saint-Simon, l'opinion argumentée doit concerner aussi les espaces sociaux et moraux et on devrait faire appel aux sciences humaines et s'appuyer sur la connaissance du monde social, pour promouvoir une société industrielle dans laquelle tous les hommes travailleraient. Cette société de Saint-Simon n'est ni élitiste, ni réservée à un petit groupe de gens privilégiés, elle concerne l'ensemble des personnes qui luttent pour le développement du peuple. Il s'agit d'une théorie en phase avec l'aspiration générale des pays latino-américains. Le peuple latino-américain est profondément croyant. Depuis l'époque des luttes pour l'indépendance, l'Eglise catholique a travaillé en faveur des pauvres, des enfants et des femmes. Il est difficile de séparer complètement la religion de la politique, contrairement à la suggestion faite par H. Arendt. C'est plutôt Pierre Leroux qui nous aide à mieux comprendre qu'en Amérique latine on a besoin d'égalité et d'une théorie politique capable de faire leur part à l'intelligence, au sentiment, et même à l'amour des hommes. Selon Leroux, la solidarté, la liberté et la fraternité sont les valeurs principales de toute société égalitaire qui travaille pour un socialisme démocratique. En Amérique latine, on valorise l'association des gens et la propriété est reconnue comme légitime. (. . . )

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Informations

  • Détails : 1 vol. (377 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. [370]-377

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  • Bibliothèque : Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : TM.500.732,2011

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